Carlos Giménez avertit de sanctions contre le Mexique s'il continue d'envoyer du pétrole à Cuba : "Nous ne tolérons pas cette grande trahison."



"Claudia Sheinbaum s'est attiré l'hostilité des États-Unis afin de bénéficier à la dictature narco-terroriste à Cuba", a déclaré le homme politique d'origine cubaine.

Congresista Carlos GiménezPhoto © Facebook / Carlos Giménez

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Le congressiste républicain Carlos A. Giménez a lancé de vives avertissements au gouvernement mexicain concernant les envois de pétrole vers Cuba, en avertissant que "au Congrès des États-Unis, nous sommes profondément troublés par les subventions pathétiques du Mexique à la dictature narco-terroriste à Cuba".

Dans son compte X, le législateur cubano-américain a remis en question la politique de la présidente Claudia Sheinbaum et a affirmé qu'au lieu d'offrir du pétrole à un régime en déclin, il pourrait être mieux utilisé pour bénéficier au peuple mexicano.

"Nous souhaitons être de bons alliés de nos amis au Mexique, mais si cette tendance préoccupante se poursuit, mes collègues et moi n'hésiterons pas à appliquer de lourdes conséquences contre le gouvernement mexicain", a averti.

Dans un second tweet, le congressiste a affirmé que la dirigeante est trop "généreuse" avec les ressources du peuple mexicain, mais que le Congrès travaille pour mettre fin à ces "cadeaux pitoyables qui tentent de miner la politique américaine".

"Nous sommes le plus grand partenaire du Mexique et nous ne tolérons pas cette grande trahison", a-t-il assuré.

Enfin, le politicien a accusé Claudia Sheinbaum de chercher l'hostilité des États-Unis afin de favoriser la dictature narcoterroriste à Cuba, en soulignant que cela a de graves conséquences pour le peuple mexicain, qui fait face à des pénuries.

Le contexte des avertissements de Giménez coïncide avec un changement historique dans l'approvisionnement énergétique de Cuba, suite à la capture de Nicolás Maduro.

Depuis des mois, le Mexique est devenu le principal fournisseur de pétrole brut de l'île.

Datos de l'entreprise Kpler et du quotidien Financial Times indiquent que durant 2025, le Mexique a exporté en moyenne 12 284 barils par jour, ce qui représente environ 44 % des importations totales cubaines et une augmentation de 56 % par rapport à l'année précédente. En revanche, le Venezuela n'a contribué qu'à hauteur de 9 528 barils par jour, soit 63 % de moins qu'en 2023.

Pemex, à travers sa filiale Gasolinas Bienestar, a confirmé des envois quotidiens moyens de 17 200 barils de brut et de 2 000 produits raffinés au cours des neuf premiers mois de 2025, pour une valeur proche de 400 millions de dollars.

La présidente Sheinbaum a défendu l'opération, affirmant que tout se déroule dans le cadre légal et en fonction d'accords préalables ou d'une aide humanitaire.

"On n'envoie pas plus de pétrole que ce qui a été envoyé historiquement. Il n'y a pas d'envoi particulier", a déclaré Sheinbaum mercredi dernier, en réponse à des questions sur un possible augmentation des volumes de brut envoyés à Cuba.

Néanmoins, il a reconnu que le Mexique est devenu un fournisseur clé face à la forte baisse des approvisionnements vénézuéliens et à la crise énergétique que traverse l'île.

La dépendance croissante de Cuba vis-à-vis du Mexique a suscité une inquiétude à Washington.

Le sénateur Marco Rubio a récemment qualifié ces envois de "ligne rouge" qui pourrait mettre en péril les relations bilatérales, accusant l'administration mexicaine de "soutenir avec du pétrole une dictature criminelle".

Des experts en politique hémisphérique soulignent que ces envois pourraient encore intensifier la coopération régionale, surtout à un moment où les États-Unis exercent un contrôle stratégique sur le Venezuela après l'arrestation de Maduro.

En parallèle, le régime cubain fait face à une situation énergétique critique : des coupures de courant fréquentes et une dépendance croissante aux approvisionnements externes ont contraint le gouvernement à concentrer ses réserves de pétrole sur des navires opérés par GAESA.

Les images satellites montrent au moins six pétrolier amarrés dans la baie de Matanzas, tandis qu'un septième se dirige vers la zone, ce qui pourrait être un effort pour redistribuer des réserves stratégiques afin de garantir la production d'électricité dans les jours à venir.

Ce scénario reflète l'urgence et la fragilité de l'approvisionnement énergétique cubain, qui dépend désormais fortement du soutien mexicain.

Les avertissements de Giménez, dans ce contexte, ne sont pas simplement rhétoriques : ils représentent un message politique et économique direct à destination du Mexique, liant les envois de pétrole à la renégociation du T-MEC, et laissant entendre que l'administration américaine surveille de près toute action pouvant renforcer le régime cubain.

La pression se fait sentir à un moment de haute sensibilité géopolitique, la petite île caribéenne étant confrontée à sa pire crise énergétique depuis des décennies, tandis que les États-Unis surveillent chaque mouvement susceptible d'influencer la stabilité régionale.

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