80 % des Vénézuéliens soutiennent l'arrestation de Maduro et exigent des élections dans six mois, selon un sondage



Huit Vénézuéliens sur dix célèbrent l'arrestation de Maduro et exigent des élections dans six mois, selon The Economist. Trump et Marco Rubio sont aujourd'hui plus populaires au Venezuela que les propres opposants.

Venezueliens (Image de référence)Photo © Wikimedia Commons

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Une sondage de The Economist et la société Premise, réalisé entre le 9 et le 13 janvier 2026, révèle qu'une écrasante majorité de Vénézuéliens soutient l'arrestation de Nicolás Maduro par des forces américaines et exige la convocation immédiate d'élections présidentielles.

Selon l'étude, 80 % des personnes interrogées au Venezuela soutiennent la mission qui a abouti à la chute du dictateur, tandis qu'à peine 13 % s'y opposent.

Plus de la moitié des participants affirme en outre que son opinion sur les États-Unis s'est améliorée après l'intervention, interprétée par beaucoup comme la fin d'une période de répression et d'effondrement économique.

Le sondage, basé sur 600 entretiens réalisés via une application mobile et pondérés par âge et sexe, montre un changement dans l'humeur nationale.

Presque quatre Vénézuéliens sur cinq croient que la situation politique du pays sera meilleure l'année prochaine, et une proportion similaire a confiance que leur économie familiale s'améliorera également.

La demande de démocratie est massive : deux tiers des personnes interrogées estiment qu'une nouvelle élection présidentielle doit avoir lieu, et parmi elles, 91 % pensent que les élections doivent se tenir dans moins d'un an.

La majorité, soit 68 %, demande que le scrutin ait lieu dans un délai maximal de six mois, tandis que 20 % suggèrent d'attendre entre six et douze mois.

Seule une minorité, inférieure à 10%, propose de les reporter au-delà de dix-huit mois.

Les Vénézuéliens ont également exprimé leur position sur la présence américaine dans le pays. Près de la moitié s'est montrée favorable à une forme de gouvernance ou de tutelle des États-Unis pendant le processus de transition, tandis qu'à peine 18 % ont manifesté leur désaccord.

Concernant l'avenir du pétrole, la société vénézuélienne semble divisée : 32 % estiment que l'industrie doit rester sous le contrôle du gouvernement national, 27 % préfèrent qu'elle passe entre des mains privées et 25 % soutiennent que les États-Unis assument temporairement sa gestion.

Sur le plan politique, le sondage confirme le leadership de l'opposition. María Corina Machado est en tête des intentions de vote avec environ 45 %, suivie par Edmundo González avec 15 %.

Delcy Rodríguez, présidente par intérim après la chute de Maduro, ne dépasse guère les 10 % de soutien, tandis qu'Henrique Capriles tourne autour de 5 % et les autres candidats se regroupent dans la catégorie "autres", avec près de 25 %.

L'étude a également mesuré l'image des principales figures politiques, et les résultats sont révélateurs.

Donald Trump, instigateur de l'opération qui a renversé Maduro, est le politicien le mieux évalué parmi les Vénézuéliens : près de 55 % ont une opinion favorable de lui. Le secrétaire d'État, Marco Rubio, le suit avec près de 50 % de soutien.

En revanche, les dirigeants chavistes enregistrent des niveaux d'approbation très bas : Delcy Rodríguez n'atteint qu'un maigre 13 %, tandis que Diosdado Cabello et le général Vladimir Padrino López restent dans un chiffre à un seul chiffre.

The Economist interprète les résultats comme un signe d'optimisme après des années de désespoir.

La capture de Maduro, souligne la publication, a été perçue par la majorité des Vénézuéliens comme une libération plutôt que comme une intervention étrangère.

Cependant, il avertit que le défi pour l'administration Trump sera de répondre à la demande d'une transition démocratique réelle et rapide, car l'enthousiasme pourrait se transformer en frustration si les élections sont retardées ou si Washington est perçu comme une puissance d'occupation.

Néanmoins, l'enquête met en évidence un fait : le Venezuela, après plus d'une décennie d'autoritarisme, de famine et d'exode massif, souhaite retrouver la démocratie le plus rapidement possible.

Et cette fois, une écrasante majorité du pays semble prête à l'exiger.

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