Un groupe d'étudiants universitaires de la Universidad Central de Venezuela (UCV) a confronté ce mardi la présidente intérima Delcy Rodríguez lors d'un événement public à Caracas, lui demandant la libération immédiate de tous les prisonniers politiques du pays.
Le moment a été capturé dans plusieurs vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, où l'on voit les jeunes intercepter Rodríguez en chantant : “Libérez-les tous !”.
La scène a suscité un grand retentissement national et international en raison de l'inusual défi direct à une figure du chavisme en plein processus de transition politique que traverse le Venezuela : "Il y a un mois, cela paraissait impensable", soulignent-ils sur les réseaux sociaux.
“Les mères sont dehors des prisons à souffrir, madame la présidente. Libérez-les tous”, a crié l'une des étudiantes, selon l'enregistrement partagé par l'activiste Agustín Antonetti, directeur de l'ONG Fondation Liberté.
En réponse, Rodríguez se contenta de dire : “Cessez de mentir et de manipuler. Cela a coûté très cher au pays, nous avons dû faire face à une intervention militaire”, avant de se retirer escortée.
La mandataire intérimaire a été l'objet de pressions croissantes de la part d'organisations civiles et de familles de prisonniers politiques qui exigent des mesures d'amnistie et de justice.
L'incident se produit à peine un jour après l'annonce du déblocage des actifs vénézuéliens aux États-Unis, résultat du dialogue entre Rodríguez et le président Donald Trump.
Les étudiants ont exigé que ces fonds soient destinés à des politiques de liberté et de réconciliation nationale, et non à renforcer les structures de l'ancien régime.
Selon l'ONG Foro Penal, plus de 210 prisonniers politiques demeurent au Venezuela, y compris des militaires, des activistes, des journalistes et des opposants interpellés lors des manifestations de 2024 et 2025. Malgré des promesses de révision judiciaire, le processus de libération avance lentement.
La confrontation de ce mardi reflète un nouveau climat politique au Venezuela, où des secteurs de la jeunesse et du milieu académique commencent à exprimer ouvertement leurs revendications après la chute du régime de Maduro et le début d'une phase de dialogue avec les États-Unis.
La leader de l'opposition, María Corina Machado, a exprimé sur son compte X que "Dans la vie des personnes et dans l'histoire des nations, il existe des actions dont la signification n'est pas évidente au départ, et qui, avec le temps, révèlent leur impact... Bravo à nos étudiants ; défiants et braves défenseurs de la VÉRITÉ et de la LIBERTÉ".
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