La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, a annoncé ce vendredi une “loi d'amnistie générale” pour les prisonniers politiques du pays, dans le but —selon ses dires— de “favoriser la coexistence au Venezuela”.
L'annonce, rapportée par El País, a eu lieu lors d'un acte au Tribunal Suprême de Justice et, selon les informations, la norme sera présentée à l'Assemblée Nationale pour discussion et approbation "probablement la semaine prochaine".
La mesure pourrait bénéficier à des centaines de prisonniers politiques qui restent encore incarcérés, dans un contexte marqué par un processus de libérations qui, selon le chavisme lui-même, dépasse les 600 libérations, bien que les défenseurs des détenus réduisent ce chiffre à 302.
Rodríguez a déclaré : “J'annonce une loi d'amnistie générale et je charge cette loi d'être présentée à l'Assemblée nationale pour favoriser la coexistence au Venezuela”, et a demandé d'éviter “la violence ou la vengeance” pour vivre “dans le respect”, tout en indiquant que la décision avait été discutée avec Nicolás Maduro.
Selon le rapport, l'amnistie vise à amnistier et “effacer les causes” des personnes libérées, ce qui impliquerait un pardon plus large que le cadre appliqué ces dernières semaines, lorsque plusieurs libérés ont quitté la prison mais sont restés sous des mesures caut শাহতিকরিক (telles que l'interdiction de quitter le pays ou des restrictions concernant les déclarations ou l'accès à certains emplois).
La future loi, a averti Rodríguez, exclura les condamnés pour homicide, drogues et délits communs.
Dans le même acte —interdit aux journalistes, selon le texte— Rodríguez a fait une autre annonce que certains présents qualifient de surprenante : Le Helicoide, emblématique centre de détention associé à la répression du chavisme, deviendrait un centre de services sociaux et sportifs pour la communauté. Il a également assuré qu'il lutterait contre la corruption dans la justice.
L'annonce survient presque un mois après le début des libérations, qui — selon les rapports — ont été progressives depuis que des forces d'assaut américaines ont capturé Nicolás Maduro dans la matinée du 3 janvier.
Bien que le chavisme ait présenté les libérations comme massives, le rapport indique que le processus a été lent et opaque, sans informations officielles claires sur les bénéficiaires, et avec des demandes persistantes de la part des familles pour que des listes soient publiées.
Dans certains cas, ajoute-t-il, les concessions n'ont même pas impliqué la sortie de prison, mais seulement la possibilité de visites pour des détenus qui étaient depuis des mois isolés.
Chiffres en dispute et pression sociale
Les ONG défendant les droits humains ont confirmé, selon les sources citées, un peu plus de 300 libérations dans le dernier mois, mais il resterait encore entre 600 et 700 prisonniers politiques, selon différentes sources.
À ce chiffre s'ajoutent plus de 9 000 personnes sous mesures judiciaires, en plus d'un nombre indéterminé d'exilés en raison de la persécution politique.
Le rapport indique que des membres de la famille ont installé des veillées et des camps devant les prisons pour faire pression en faveur de la libération totale, et que cette cause a ravivé des manifestations qui s'étaient apaisées après l'augmentation de la répression politique.
Depuis 1999, il n'y a pas eu de précédents en matière d'amnistie, bien qu'il y ait eu des grâces, comme en 2020, lorsque Maduro a libéré 110 opposants (y compris des membres de l'équipe de Juan Guaidó).
Dans ce cas, une liste a été publiée, mais les défenseurs ont dénoncé qu'elle aurait été "gonflée" avec des détenus communs et des personnes déjà libérées précédemment.
L'amnistie générale a été une exigence réitérée par des secteurs de l'opposition et des victimes de la répression.
Selon El País, la discussion a gagné en intensité après que le président de l'Assemblée nationale, Jorge Rodríguez, ait annoncé la libération d'un “nombre significatif” de détenus quelques jours après l'arrestation de Maduro, une annonce jugée insuffisante par la société civile et l'opposition.
En parallèle, le Comité des Mères en Défense de la Vérité a présenté une proposition de loi d'amnistie pour laquelle il collecte des signatures, prenant comme point de départ le 1er février 2014 et incluant, en plus des prisonniers politiques, des exilés et des persécutés, avec des délais et des mécanismes pour l'extinction des poursuites et une vérification indépendante, selon le document cité.
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