Movimiento Cuba Primero : Infiltrent le réseau cellulaire à Cuba pour envoyer des messages massifs en faveur de la liberté



Armando LabradorPhoto © Facebook/Javier Díaz

Des milliers de Cubains sur l'île reçoivent depuis plusieurs jours des messages inattendus sur leurs téléphones portables. Ce ne sont ni des promotions ni des avis officiels, mais des textes qui parlent directement de liberté, de peur quotidienne et d'espoir, envoyés massivement dans un pays où le contrôle des communications est l'une des armes les plus sensibles du pouvoir.

Les messages, qui ont été envoyés par WhatsApp et par courriels tant à des citoyens ordinaires qu'à des agences de presse basées à Cuba, sont attribués au mouvement Cuba Primero et à son leader, l'entrepreneur cubano-américain Armando Labrador. Dans l'un d'eux, le texte commence par une phrase qui évoque immédiatement l'expérience quotidienne de nombreux habitants de l'île : « Je sais que là-dedans, on vit avec le cœur serré ».

Selon Labrador, lors d'une conversation avec le journaliste Javier Díaz de Univisión Noticias, l'opération a été complexe et risquée. Il assure qu'ils ont réussi à infiltrer le réseau cellulaire depuis l'extérieur, en utilisant une infrastructure située au Texas, et que les messages ne sont pas seulement envoyés de manière aléatoire, mais aussi vers des numéros considérés comme stratégiques. Parmi eux, affirme-t-il, se trouverait même le téléphone d'Alexis Castro Soto del Valle, fils de Fidel Castro.

« Le message ne naît pas de la haine, il naît de l'amour pour Cuba et pour son peuple », affirme Labrador, qui reconnaît que ce type d'actions n'a été possible que grâce à la participation de personnes sur l'île prêtes à prendre des risques. « Travailler depuis Cuba est compliqué, mais il y a des hommes courageux qui font leur part », assure-t-il.

Captura de Facebook/Javier Díaz

L'offensive ne s'est pas limitée au plan numérique. Le mouvement Cuba Primero s'est également attribué l'apparition d'affiches et de graffitis avec des messages similaires en des lieux stratégiques de La Havane, comme le Malecón, les environs du Capitole et le parc El Curita, des endroits hautement surveillés et symboliques. Pour Labrador, ces actions mettent à mal le discours officiel selon lequel le Cubain reste immobile : « C'est une preuve que le Cubain est en train d'agir ».

Au milieu de ce scénario, le leader du mouvement avance que toute éventuelle négociation entre les États-Unis et Cuba devrait inclure des responsabilités pour l'élite dirigeante en ce qui concerne les crimes commis pendant des décennies. Néanmoins, il souligne que, selon lui, la priorité doit être unique : "S'il n'y a pas de liberté, il ne peut pas y avoir de justice."

Le contexte sur l'île reste critique. L'ambassade des États-Unis à La Havane a récemment publié un communiqué alertant ses citoyens sur la grave crise énergétique et recommandant de stocker des fournitures de base telles que de l'eau et des batteries portables, un signe supplémentaire de la détérioration des conditions de vie.

Jusqu'à présent, il n'y a pas eu de rapports d'arrestations liées à la diffusion de ces messages ni à la réalisation des graffitis, un détail qui n'a pas échappé à une population habituée à la réaction répressive rapide du régime.

Pendant ce temps, les téléphones continuent à vibrer dans les poches de milliers de Cubains, envoyant un message qui, pour beaucoup, brise le silence imposé et rappelle que même sous une surveillance constante, le mot « liberté » continue de trouver des chemins pour s'insinuer dans l'île.

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