Cuisiner dans la rue ou mourir de faim : le drame derrière les repas communautaires à Cuba



Survivre sans gaz ni électricité ? Voilà comment on cuisine à Cuba en plein 2026Photo © Collage / Periódico Girón

Vidéos associées :

Dans une Cuba marquée par des coupures de courant de plus de 24 heures et un système électrique au bord de l'effondrement, cuisiner est devenu un acte de survie.

Face au manque de gaz et d'électricité, les familles se tournent vers des repas communautaires préparés au bois ou au charbon pour éviter de souffrir de la faim, mais cette apparente "solution" comporte également des risques.

L'organisation Food Monitor Program (FMP), dédiée à la surveillance de l'(in)sécurité à Cuba, a averti sur son profil X que les repas communautaires ne sont plus une expression de loisir et encore moins de résistance, mais qu'ils sont devenus une réponse désespérée et de survie à la crise énergétique et alimentaire qui frappe Cuba.

Dans son dernier article intitulé « Repas communautaires : résistance ou nécessité ? », FMP a détaillé que les coupures d'électricité prolongées et le manque de gaz domestique obligent des milliers de Cubains à cuisiner dans des espaces publics avec du bois, du charbon, voire des plastiques, s'exposant ainsi à la contamination et à des risques respiratoires.

La détérioration du Système Électroénergétique National et l'incapacité du régime cubain à garantir des services de base ont poussé les quartiers vulnérables – et quelques-uns moins vulnérables – à développer des formes précaires de survie.

«Les repas communautaires ne sont pas toujours une forme de résistance ; bien souvent, ils représentent la seule alternative face à la nécessité», a déclaré l'organisation.

De plus, cuisiner est devenu un luxe : un sac de charbon coûte plus de 1 500 CUP, tandis que le salaire moyen tourne autour de 5 000 CUP.

Dans les quartiers les plus défavorisés, un peu de riz, des tubercules et des os partagés constituent le seul moyen de subsistance du jour, a souligné l'article.

«Ces réseaux amortissent la précarité, mais ne la résolvent pas», avertit FMP, qui met en garde contre le danger de romantiser la solidarité et de normaliser la dégradation des services de base.

La pénurie d'électricité, qui entraîne la perte d'aliments périssables, renforce l'insécurité alimentaire et les réseaux informels d'échange et de survie.

“¿Jusqu'à quel point une société peut-elle se soutenir par des mécanismes informels?”, s'interroge le rapport.

Dans la Cuba actuelle, cuisiner dans la rue n'est pas un acte politique ni une métaphore de résistance : c'est la dernière façon de rester en vie, au sens littéral.

Archivé dans :

Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.