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L'annonce d'une flottille internationale qui a l'intention d'acheminer des aliments et des médicaments vers Cuba en mars continue de susciter la controverse tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'île, mais un nouveau détail ajoute encore plus de combustible au débat, puisque : Mariela Castro Espín, fille de Raúl Castro et l'une des figures les plus visibles de l'appareil politique cubain, apparaît comme membre du Conseil Consultatif de l'Internationale Progressiste, la coalition qui soutient l'initiative.
L'information est publiée sur la page officielle de l'Internationale Progresiste, où il est précisé que le Conseil Consultatif est l'organe chargé de "définir l'orientation stratégique" du mouvement. Parmi les noms mentionnés se trouve Mariela Castro, présentée comme députée de l'Assemblée Nationale et directrice du Centre National de l'Éducation Sexuelle (CENESEX).
La flotilla, baptisée “Notre Amérique”, a été annoncée cette semaine par une coalition internationale de mouvements sociaux, de syndicats et d'organisations humanitaires qui affirment répondre à la crise de carburant, aux coupures de courant et au manque de médicaments sur l'île.
Selon les organisateurs, la mission devrait partir en mars vers les Caraïbes et s'inspire de ce que l'on appelle la Flotilla Global Sumud qui a tenté d'apporter une aide humanitaire à Gaza.
Parmi les figures publiques qui soutiennent le projet, on trouve l'activiste américain David Adler, coordinateur général de Progressive International, l'ancien leader travailliste britannique Jeremy Corbyn et la députée démocrate Rashida Tlaib.
Adler a affirmé que “lorsque les gouvernements imposent des punitions collectives, le peuple a la responsabilité d'agir”, tandis que Corbyn a défendu le droit de Cuba à “décider de son propre avenir” et a rendu l'embargo américain responsable de la crise.
Dans les documents diffusés par les organisateurs, l'administration de Donald Trump est même directement accusée de "s'étouffer l'île", en coupant l'approvisionnement en carburant, les vols et les biens essentiels. Ils affirment également que "les conséquences sont létales" pour les nouveau-nés, les personnes âgées et les malades.
Cependant, le débat est devenu encore plus tendu suite à la révélation de la présence de Mariela Castro dans l'organe consultatif de l'organisation.
Pour de nombreux Cubains, leur inclusion dans le Conseil Consultatif soulève une question inévitable : comment un projet porté par une structure incluant un représentant direct du pouvoir politique cubain peut-il se présenter comme une initiative indépendante de solidarité internationale ?
Sur les réseaux sociaux, l'activiste Salomé García Bacallao a réagi avec fermeté et a qualifié l'annonce de « spectacle de propagande » autorisé par le régime. Dans sa publication, elle a lancé une phrase qui s'est rapidement viralise : “S'ils entrent, nous aussi”.
La consigne a mobilisé des centaines de Cubains en exil, qui ont commencé à évoquer la possibilité d'organiser une flottille parallèle, non pas pour soutenir le régime, mais pour revendiquer le droit de revenir et d'accompagner le peuple cubain.
La discussion, chargée d'indignation, ne se limite pas à l'idéologie. Pour des milliers de Cubains qui ont émigré ces dernières années, le mot "flottille" ne résonne pas comme solidarité, mais comme une nouvelle scène où d'autres décident qui peut entrer à Cuba... et qui ne le peut pas.
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