Alto responsable militaire cubain répond à Trump : « Nous ne sommes pas une menace, nous protégeons les États-Unis. »



Coronel Juan Carlos Poey et Donald Trump.Photo © Collage/Facebook/Ministère de la Justice de la République de Cuba et La Maison Blanche.

Au milieu du renforcement des tensions entre La Havane et Washington, un haut responsable militaire cubain est sorti ce mardi pour répondre directement aux accusations du président Donald Trump, qui a qualifié Cuba de « menace exceptionnelle » pour la sécurité nationale des États-Unis.

«Nous affirmons que Cuba n'est pas une menace pour les États-Unis», a déclaré le colonel Juan Carlos Poey, chef de la Direction Antidrogues du Ministère de l'Intérieur (Minint), lors d'une conférence de presse à La Havane.

Captura de Facebook/Ministère de la Justice de la République de Cuba

Plus encore, il a affirmé que l'île agit comme « un mur de contention en mer » face au trafic de drogue venant d'Amérique du Sud vers le territoire américain, selon un rapport de l'agence AFP.

L'officiel a affirmé que, si le travail antidrogue cubain était affecté par ce qu'on appelle le "blocus énergétique", c'est plutôt les États-Unis qui devraient s'inquiéter. "Même dans les circonstances actuelles, nous continuons à protéger les États-Unis de ce mal que constituent les drogues", a déclaré Poey.

Les déclarations interviennent dans un contexte de forte pression de Washington. Trump a justifié le durcissement des mesures contre l'île en affirmant qu'elle maintient des liens avec la Russie, la Chine et l'Iran. En revanche, les autorités de La Havane insistent sur le fait que le pays ne produit ni ne stocke de drogues et qu'il ne représente aucun risque pour la sécurité américaine.

À la conférence ont également participé la ministre de la Justice, Rosabel Gamón Verde, et le premier colonel Ivey Daniel Carballo, chef d'état-major des Troupes Guardafronteras, qui a averti que les limitations énergétiques pourraient affecter des accords bilatéraux tels que celui de sauvetage maritime.

Il a rappelé qu'à 150 kilomètres des côtes cubaines, des navires et des croisières, nombreux d'entre eux américains, naviguent fréquemment et dépendent de l'assistance en cas d'urgence.

Captura de Facebook/Héros de bleu à Cuba

Selon des données fournies par Poey et collectées par AFP, Cuba a saisi 1,9 tonne de drogues en 2025. En raison de sa position géographique dans les Caraïbes, l'île se trouve au centre des routes maritimes utilisées par des bateaux rapides qui, face au danger, jettent des cargaisons à la mer qui finissent ensuite par échouer sur ses côtes.

Cuba traverse une grave pénurie de carburant dans un contexte de renforcement des sanctions. Dans les rues, cette pénurie se traduit par des transports saturés, des hôpitaux à court de ressources et des foyers qui restent des heures sans électricité.

Le message de La Havane cherche à projeter responsabilité et coopération face au narcotrafic, même au milieu d'un scénario de frictions politiques. Mais pour de nombreux Cubains, à l'intérieur et à l'extérieur de l'île, la question inévitable est une autre : comment un pays qui prétend protéger les États-Unis du flux de drogues ne parvient-il pas à protéger son propre peuple du effondrement économique et énergétique qui marque le quotidien ?

La confrontation verbale avec Washington revient ainsi au centre du débat, tandis que la crise interne continue de frapper durement la population.

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