Le gouvernement russe s'exprime sur le communiqué diffusé concernant l'envoi de pétrole à Cuba



Vladímir Poutine (i) et pétrolier (d)Photo © Collage Wikimedia - CiberCuba/Sora

La Embassade de Russie à Cuba a démenti ce dimanche un supposé communiqué qui a circulé sur les réseaux sociaux concernant l'envoi de 200 000 barils de pétrole vers l'île, dans le cadre de la grave crise énergétique que traverse le pays et des rapports internationaux croissants sur un chargement de combustible russe en route vers La Havane.

“L'Ambassade de Russie à Cuba communique que les informations circulant sur les réseaux sociaux concernant le prétendu communiqué du ministère des Affaires étrangères de Russie sont fausses”, a indiqué la mission diplomatique sur ses canaux officiels.

Dans la note, le corps diplomatique a été catégorique : “Le ministère des Affaires étrangères de la Russie n'a publié aucun communiqué de ce type. Nous vous recommandons toujours d'utiliser des sources officielles : le site web du ministère des Affaires étrangères de la Russie, ainsi que les comptes officiels du ministère et de notre Ambassade. Ne vous laissez pas tromper !”.

Le démenti survient après qu'un texte attribuant au ministère des Affaires étrangères russe la confirmation d'un envoi immédiat de pétrole à Cuba ait largement circulé.

Le navire Sea Horse et le rapport de Bloomberg

Le vendredi, l'agence Bloomberg a rapporté que “le navire Sea Horse est en route vers Cuba avec ce que l'on croit être du combustible russe”.

Selon le rapport, le navire - qui arriverait sur l'île début mars - transporterait environ 200 000 barils de gazole, un combustible essentiel pour le transport, la génération d'électricité et d'autres activités critiques.

Bloomberg a précisé que le Sea Horse a reçu des fournitures par une opération de transfert de navire à navire au large de la côte de Chypre et qu'il transporte probablement près de 200 000 barils de gazole russe, selon les données de la société d'intelligence maritime Kpler Ltd.

L'information a également été présentée comme un mouvement qui mettrait à l'épreuve le blocus pétrolier imposé au régime cubain par l'administration de Donald Trump, dans un contexte de pression croissante sur les approvisionnements énergétiques de l'île.

Jusqu'à présent, il n'existe pas de communiqué officiel du Kremlin confirmant l'envoi spécifique mentionné par Bloomberg, au-delà du démenti publié récemment concernant le texte qui a circulé sur les réseaux sociaux.

Moscou hausse le ton contre Washington

L'épisode se déroule quelques jours après que le gouvernement russe a demandé à Washington un “bon sens” et la fin du blocus pétrolier qui, selon Moscou, aggrave la crise énergétique déjà critique à Cuba.

Depuis la capitale russe, le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a qualifié d'« inacceptable » toute tentative d'imposer un veto naval à l'île et a rejeté « catégoriquement » les accusations américaines affirmant que la coopération russo-cubaine représente une menace pour les États-Unis.

Les déclarations ont été faites lors de la visite officielle en Russie du ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez Parrilla, qui a effectué une tournée à la recherche de soutien politique et économique pour le régime.

Lors de la rencontre bilatérale, Lavrov a affirmé que, "avec la majorité des membres de la communauté internationale", la Russie demande aux États-Unis "de faire preuve de bon sens, d'adopter une approche responsable et d'abandonner les projets d'un blocus naval".

Il a également souligné que la Russie continuera à soutenir "de manière constante" l'île dans la protection de sa "souveraineté et de sa sécurité".

Pour sa part, Bruno Rodríguez a dénoncé le durcissement de l'embargo et a assuré que Cuba continuera “à avancer résolument dans la défense de son indépendance et de sa souveraineté”.

Antécédents des envois et promesses d'aide

Quelques jours auparavant, l'ambassade de la Fédération de Russie à La Havane avait confirmé que le Kremlin enverrait du pétrole brut et des produits raffinés à l'île sous la forme de « aide humanitaire ».

“Le approvisionnement en brut et en produits pétroliers en provenance de Russie vers Cuba est attendu dans un avenir proche comme aide humanitaire”, a déclaré un diplomate russe à La Havane cité par le journal Izvestia.

Si un nouveau chargement se concrétise, ce serait la première livraison depuis février 2025, lorsque Moscou a envoyé 100 000 tonnes de pétrole à l'île par le biais d'un prêt d'État de 60 millions de dollars.

Une crise sans marge

Cuba consomme en moyenne 37 000 barils par jour, une chiffre qui laisse peu de marge dans un contexte marqué par de prolongées coupures de courant, des interruptions de transport et une grave pénurie de carburant.

Les restrictions sur l'importation de brut ont aggravé la situation ces derniers mois.

Dans ce contexte, tout envoi de combustible en provenance de Russie aurait un impact immédiat sur la stabilité énergétique du pays.

Cependant, alors que Moscou nie le communiqué viral et ne confirme pas officiellement la cargaison signalée par Bloomberg, l'arrivée du Sea Horse -si elle se concrétise- sera observée comme un signe clé de l'ampleur réelle du soutien russe au régime cubain.

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