La crise du carburant à Cuba met en danger 96 % des mipymes



Mipyme cubaine (image de référence)Photo © CiberCuba

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La crise de carburant à Cuba menace la survie de milliers de micro, petites et moyennes entreprises (MPME) et a un impact fort sur l'ensemble du secteur privé. 

Un analyse de la consultancy Auge, basé sur des données du Bureau national de statistiques et d'information (ONEI), révèle que 8.904 des 9.236 mipymes enregistrées dans le pays — soit 96,4 % — subissent des impacts sévères ou critiques en raison de la pénurie d'énergie.

Dans le marché informel, le litre de carburant dépasse six dollars. Dans ce contexte, des milliers de preneurs de risques cubains opèrent, dépendant du diesel pour transporter des marchandises, produire des aliments ou maintenir ouverts leurs entreprises.

L'étude indique que 7.491 mipymes (81,1 %) appartiennent à des secteurs où le combustible est une partie essentielle du processus de production. D'autres 1.413 (15,3 %) pourraient fermer si la crise se prolonge. Seules 332 entreprises (3,6 %) auraient la capacité réelle de résister sans compromettre leur existence.

La Havane concentre 43 % du total des mipymes, avec 3 966 entreprises. Ce qui se passe dans la capitale en matière de coupures de courant et d'accès au combustible impacte directement presque la moitié du secteur.

Le problème se reflétait déjà dans l'Étude sur le Climat des Affaires 2025, qui a interrogé 175 dirigeants. 48 % ont déclaré avoir investi dans des panneaux solaires, des centrales électriques ou des batteries. 52 % n'ont pas pu assumer ce coût et leurs entreprises courent désormais un plus grand risque.

Le secteur privé à Cuba est dynamique, mais très vulnérable

Les mipymes ne sont pas un acteur marginal. Elles ont émergé après l'ouverture initiée en 2010 et sont devenues le segment le plus dynamique de l'économie nationale. Derrière chaque chiffre se cachent des familles et des projets de vie.

Cependant, la dépendance à un système électrique en faillite les place dans une situation de désavantage structurel.

La pénurie de carburant paralyse le transport, la fabrication, le commerce et les services. Elle affecte également les cuentapropistas cubains et les producteurs agricoles, qui ont besoin de diesel pour transporter les aliments des champs vers les marchés, les restaurants et d'autres entreprises privées.

Décisions officielles et pression pour importer des combustibles

Dans les derniers jours, il a été révélé que le gouvernement de Cuba a autorisé l'importation de combustible par des acteurs non étatiques. Cette mesure survient au milieu de nouvelles pressions économiques des États-Unis avec l'imposition de tarifs douaniers aux pays qui fournissent du pétrole à l'Île.

Pendant des années, le secteur privé a demandé la permission d'importer du combustible sans obtenir de réponse publique. Maintenant, avec 8 904 entreprises en danger, la crise cesse d'être sectorielle. Elle devient une menace systémique pour presque tout le secteur privé cubain, que le régime appelle "formes de gestion non étatiques".

La situation énergétique affecte les mipymes et peu d'entre elles pourront survivre si l'approvisionnement en combustibles ne se stabilise pas à court terme à Cuba.

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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