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Le régime cubain a annoncé qu'il permettra aux citoyens cubains résidant à l'étranger d'investir et de posséder des entreprises à Cuba, dans une tentative d'attirer des capitaux et d'alléger la profonde crise économique que traverse le pays.
Dans une interview accordée à NBC News, le vice-premier ministre et ministre du Commerce extérieur et des Investissements étrangers, Oscar Pérez-Oliva Fraga, a confirmé que La Havane cherche à ouvrir l'espace tant aux entreprises américaines qu'aux Cubains vivant hors de l'île, en particulier aux États-Unis.
«Cuba est ouverte à maintenir une relation commerciale fluide avec les entreprises américaines ainsi qu'avec les Cubains résidant aux États-Unis et leurs descendants», a affirmé le responsable à La Havane.
Ses déclarations interviennent avant l'annonce officielle de la mesure sur l'île, lors d'une présentation programmée à la Télévision Nationale pour ce lundi, plus précisément dans la Mesa Redonda.
L'initiative permettrait aux Cubains résidant à l'étranger de participer à des investissements dans le secteur privé et de pouvoir être propriétaires d'entreprises dans leur pays d'origine.
Le gouvernement espère que cette ouverture stimulera des secteurs tels que le tourisme, l’exploitation minière, la réparation industrielle et la modernisation du réseau électrique vétuste.
Pérez-Oliva Fraga a affirmé que les réformes visent à créer un « environnement entrepreneurial dynamique » permettant de revitaliser une économie durement frappée par la pénurie de carburant, des coupures de courant généralisées et une chute continue de la production.
Le fonctionnaire a attribué les difficultés économiques au « blocus » des États-Unis, qu'il a tenu pour responsable de limiter l'accès de Cuba au financement, à la technologie et aux marchés internationaux.
L'annonce intervient en pleine crise énergétique. Le dirigeant cubain Miguel Díaz-Canel a lui-même reconnu récemment qu'aucun chargement de carburant n'est arrivé dans le pays au cours des trois derniers mois.
La situation énergétique s'est aggravée après l'interruption des expéditions de pétrole en provenance du Venezuela, suite à la capture de l'ancien président Nicolás Maduro en janvier lors d'une opération américaine.
La crise économique et énergétique a également entraîné une augmentation du malaise social, avec des manifestations dans différentes villes. Elles ont été particulièrement notables à Morón, où les participants ont lancé des pierres contre un siège du Parti communiste et ont incendié une partie du mobilier dans la rue.
Ce vendredi, Díaz-Canel a confirmé que des fonctionnaires de Cuba maintiennent des conversations avec l'administration du président Donald Trump, qui a averti que le régime pourrait subir une pression accrue s'il ne progresse pas vers des changements économiques et politiques.
L'annonce de l'ouverture aux investissements étrangers est interprétée comme l'un des mouvements les plus récents de La Havane pour tenter de soutenir une économie de plus en plus affaiblie et rechercher de nouvelles sources de capital.
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