Un reel publié ce dimanche par le profil Instagram Fuera de la Caja pose une question délicate aux militants de gauche qui sont arrivés à La Havane avec la Flotilla Nuestra América : s'ils admirent tant le socialisme cubain, pourquoi retournent-ils au capitalisme qu'ils prétendent détester ?
Le vidéo, qui a accumulé presque 3 000 vues et plus de 1 200 likes en quelques heures, est une réponse directe à l'arrivée du convoi organisé par l'Internationale Progressiste.
Le convoi a rassemblé environ 500 activistes de 30 pays, parmi lesquels Jeremy Corbyn, ancien leader du Parti travailliste britannique ; Pablo Iglesias, fondateur de Podemos et ancien vice-président espagnol ; la députée démocrate Rashida Tlaib ; et l'activiste climatique Greta Thunberg.
La flottille a transporté entre 20 et 50 tonnes de nourriture, de médicaments et de panneaux solaires d'une valeur de 500 000 dollars.
La principale embarcation, surnommée 'Granma 2.0' par ses critiques, a quitté Progreso, au Yucatán, au Mexique, jeudi, avec 25 activistes à bord et est arrivée à La Havane samedi et ce dimanche.
Le vaisseau a quitté le Mexique chargé d'aide humanitaire dans un contexte d'une grande attente médiatique.
Mariela Castro a rejoint les chars festifs du cortège samedi, dans une image que de nombreux Cubains critiques envers le régime ont considérée comme révélatrice du véritable caractère de l'événement.
Certains n'ont pas manqué de faire remarquer que la présence de figures du gouvernement cubain contredisait le prétendu esprit humanitaire de l'initiative.
Le reel ne remet pas en question l'aide humanitaire en soi, mais plutôt l'hypocrisie de ceux qui défendent le communisme depuis le confort de pays libres. Comme le soulignent des voix critiques, le socialisme cubain a été une escroquerie historique qui a laissé l'île dans une situation d'inégalité extrême, très loin de l'idéal que ces activistes prétendent défendre.
Les réactions critiques à l'initiative de la flottille ne se sont pas limitées aux réseaux sociaux. Garry Kasparov a réagi avec force contre cette initiative, tandis que d'autres ont souligné qu'il est, pour le moins, contradictoire de voyager à Cuba dans des hôtels de luxe pour ensuite rentrer chez soi dans des pays capitalistes, ce qui va à l'encontre du discours que ces activistes prônent.
La question soulevée par le reel résonne fortement parmi les Cubains de base. Selon des données récentes, seulement 3 % des Cubains se considèrent fermement socialistes, ce qui contraste avec l’enthousiasme idéologique des visiteurs étrangers qui viennent sur l'île pour célébrer un système que leurs propres citoyens rejettent en grande majorité.
Très joli tout ça, mais dans quelques jours, ils reviendront au capitalisme qu'ils prétendent tant détester
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