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La peur d'un nouvel exode massif depuis Cuba a pris de l'ampleur après le message récemment publié par la Garde côtière des États-Unis.
En X, l'entité a écrit qu'entrer illégalement dans les eaux cubaines et ensuite tenter d'atteindre le territoire américain n'est pas seulement illégal, mais cela se terminera par une détention et une répatriation.
«Les personnes qui tenteront d'entrer illégalement aux États-Unis par la mer seront interpellées et renvoyées dans leur pays d'origine ou au lieu de départ», a indiqué l'institution.
L'avertissement survient à un moment particulièrement sensible pour les Cubains, à l'intérieur et à l'extérieur de l'île. Les tensions sociales, politiques et économiques croissantes ont ravivé les discussions, ainsi que la peur, concernant la possibilité d'une nouvelle crise migratoire semblable à celles vécues dans les décennies précédentes.
Selon NBC Miami, le sujet est déjà discuté aux plus hauts niveaux du gouvernement américain. Lors d'une audience au Sénat, le sénateur républicain Thomas Cotton a exprimé ouvertement ses inquiétudes. Si les États-Unis sont préparés à une éventuelle "crise humanitaire à Cuba" qui pourrait déclencher un afflux massif de réfugiés.
La réponse du général Francis L. Donovan, chef du Commandement Sud, confirme que ce scénario n'est pas écarté. Il a assuré qu'il existe un ordre pour soutenir le Département de la Sécurité Nationale en cas de migration massive, ce qui inclurait des opérations à la base navale de Guantánamo pour traiter les migrants.
NBC Miami rappelle que ce type de déclarations résonne fortement dans la mémoire collective des Cubains. Depuis 1959, l'île a connu plusieurs vagues migratoires qui ont marqué des générations entières : Camarioca, Mariel, la crise des radeaux.
Aujourd'hui, l'exode commencé en 2022 est déjà considéré comme le plus important de l'histoire récente, avec des centaines de milliers de Cubains quittant le pays.
Cependant, tous ne s'accordent pas à dire qu'un nouvel exode maritime soit imminent. Certaines voix de l'exil estiment que ces avertissements relèvent davantage de tensions politiques que d'une capacité réelle de départ massif depuis l'île.
En parallèle, un autre élément ajoute de la tension à la situation : un incident récent signalé par le gouvernement cubain, dans lequel des hommes armés auraient débarqué par mer depuis la Floride et ouvert le feu contre des forces sur la côte nord. Bien que l'affaire n'ait pas été éclaircie, elle contribue à élever le niveau d'alerte des deux côtés du détroit.
Dans l'intervalle, pour des milliers de Cubains confrontés aux coupures de courant, à la pénurie et au manque d'opportunités, l'incertitude tourne de nouveau autour de la même question qui a marqué l'histoire récente du pays : rester ou tenter de partir, malgré tous les risques.
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