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Une Cubaine de 54 ans, identifiée comme Maribel Batista Rodríguez, a été tuée par son ancien compagnon dans la province de Granma, selon les dénonciations sur les réseaux sociaux de l'Observatoire de Genre Alas Tensas (OGAT).
Le féminicide a eu lieu le 14 mars dernier dans le quartier Moscou, dans la municipalité Manzanillo, selon les précisions de la source citée dans une publication où elle a exprimé ses condoléances aux familles et proches de la victime.
L'observatoire indépendant a également souligné les difficultés auxquelles il fait face actuellement pour documenter ces faits dans le pays.
“Chaque jour, il devient plus difficile de vérifier et de compléter les cas en raison des coupures de courant et des pannes à Cuba”, ont indiqué, tout en demandant la collaboration des citoyens pour obtenir des informations supplémentaires, telles que l'éventuelle existence d'enfants survivants.
OGAT a rappelé que la majeure partie des données qu'ils recueillent n'est pas rendue publique afin de "protéger les sources" et garantir un enregistrement minimal qui permette de rendre visible la violence féminicide à Cuba, un phénomène qui manque de statistiques officielles systématiques.
Selon le bilan conjoint de l'OGAT et de la plateforme Yo Sí Te Creo en Cuba (YSTCC) jusqu'au 25 mars, un total de 13 féminicides, 7 tentatives de féminicide et le meurtre d'un homme pour des raisons de genre ont été enregistrés.
«CITOYENNETÉ, DÉNONCER CES CRIMES N'EST PAS UN DÉLIT», ont insisté les organisations féministes, qui dépendent en grande partie des dénonciations publiques et des témoignages locaux pour documenter ces faits.
Un contexte marqué par la violence de genre
Le cas de Maribel Batista ne se produit pas de manière isolée. Il s'ajoute à une série de faits récents qui ont ravivé les alarmes concernant la violence de genre sur l'île, y compris des crimes d'une gravité extrême.
Ce mercredi même, les observatoires féministes Alas Tensas et YoSíTeCreo à Cuba ont confirmé la mort violente d'une fillette de sept ans à La Havane, classée comme féminicide infantile.
La mineure aurait été victime présumée d'un voisin, selon des sources indépendantes.
L'affaire, qui a suscité une immense émotion, met à nouveau en évidence la vulnérabilité des victimes et l'absence de mécanismes de protection efficaces.
Patrons qui se répètent
L'analyse des cas documentés par les observatoires indépendants révèle des tendances persistantes dans les féminicides à Cuba :
Dans plus de 90 % des cas, l'agresseur connaissait la victime, souvent en tant que partenaire ou ex-partenaire.
Le foyer ou les espaces environnants constituent le principal théâtre des crimes.
Les armes blanches sont les moyens les plus utilisés.
Dans une majorité significative de cas, des niveaux élevés de cruauté sont identifiés.
Ces éléments coïncident avec ce qui s'est passé dans le cas de Maribel Batista Rodríguez, où le présumé agresseur avait une relation antérieure avec la victime.
À Cuba, le féminicide -défini par ONU Femmes comme le meurtre d'une femme pour des raisons de genre- ne dispose pas de statistiques officielles publiques ni d'un système transparent de suivi.
Cette absence a contraint des organisations indépendantes à prendre en charge la documentation des cas.
Les observatoires dénoncent que ces crimes se produisent au milieu de "la crise humanitaire que traverse Cuba, où […] les personnes les plus vulnérables sont de plus en plus exposées."
Ils critiquent également le manque de politiques effectives de prévention et de protection, ainsi que la faible réponse institutionnelle face à la violence machiste.
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