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Le Conseil d'Administration de l'Alliance des Chrétiens de Cuba (ACC) a publié ce jeudi une déclaration publique intitulée "Concernant la faim, la misère et le besoin", dans laquelle il a exhorté les dirigeants cubains à écouter la demande de la majorité du peuple pour qu'ils "se mettent de côté et laissent place à une transition pacifique vers la démocratie et la liberté dans notre nation".
Dans sa déclaration, signée au nom de plus de 70 leaders religieux inscrits à travers le pays et des communautés chrétiennes comptant des milliers de fidèles, l'ACC a proclamé sa "position face à la réalité actuelle que vit le pays, en plein contexte de faim, de misère et d'abandon auquel chaque Cubain fait face".
La déclaration, diffusée sur les réseaux sociaux par l'Observatoire Cubain des Droits de l'Homme (OCDH), a condamné les actes répressifs contre les pasteurs et leurs familles, et a appelé les autorités cubaines à permettre une transition pacifique vers la démocratie sur l'île.
"Nous demandons aux gouvernants de cesser l'oppression et l'incarcération des Cubains et des croyants qui élèvent la voix pour leurs droits", a-t-il indiqué, tout en exigeant "la libération immédiate de tous les détenus et des prisonniers injustement" et en condamnant "les actes répressifs contre nos serviteurs, pasteurs et leurs familles".
La ACC a exprimé son plein soutien aux nouvelles générations qui s'expriment sur les réseaux sociaux et dans d'autres espaces, reconnaissant leur bravoure et s'engageant à "les accompagner dans leur lutte pour un avenir meilleur". De plus, elle a étendu son soutien aux familles ayant des êtres chers injustement détenus et emprisonnés.
Il a également exhorté les leaders religieux à exercer leur droit d'influer sur la vie politique du pays. Le document est catégorique dans sa posture idéologique : "Il n'y a pas de communion entre la lumière et les ténèbres, tout comme il n'y a pas de communion entre la foi en Christ et le communisme."
"Nous croyons fermement que chaque citoyen cubain, qu'il soit croyant ou non, a le droit de dissension et de protestation, en élevant la voix contre un régime qui opprime tant en public qu'en privé", a averti. "En tant qu'Église et organisme religieux à Cuba, nous avons non seulement le droit, mais aussi le devoir de prendre la parole en faveur de la justice et de la vérité, en condamnant publiquement l'injustice et l'oppression que subissent nos fidèles et tous les êtres humains."
"Nous appelons les autorités de Cuba à écouter la voix de la majorité des citoyens cubains, qui leur demandent pacifiquement de se retirer et de laisser place à une transition pacifique vers la démocratie et la liberté dans notre nation", conclut la déclaration du Conseil d'Administration de l'ACC.
La déclaration intervient dans un contexte de répression religieuse documentée et croissante. La propre ACC a enregistré 996 actions répressives contre des leaders religieux en 2024, tandis que l'OCDH a signalé au moins 873 violations de la liberté religieuse rien que pour 2025.
En février 2026, malgré des libérations sélectives de 51 prisonniers suite au dialogue du régime avec le Vatican, l'OCDH a comptabilisé 231 nouvelles actions répressives.
Parmi les cas les plus récents figure l’arrestation du pasteur Rolando Pérez Lora, arrêté le 15 mars à Matanzas par la police politique après une diffusion en direct sur YouTube avec des messages bibliques. Les pasteurs Luis Guillermo Borjas et Roxana Rojas, de l'Île de la Jeunesse, font face à une demande du procureur de huit ans de prison pour avoir intervenu dans le processus judiciaire de leur fils, accusé d'avoir fuis le Service Militaire Obligatoire.
La Commission des États-Unis pour la liberté religieuse internationale (USCIRF) a classé Cuba en 2026 dans la catégorie la plus sévère : pays avec des "violations graves et continues" de la liberté religieuse. Plus de 80 % des congrégations évangéliques n'ont pas de personnalité juridique, car le régime ne reconnaît légalement que celles enregistrées avant 1962.
La déclaration de l'ACC s'ajoute à une série de déclarations religieuses au cours de ce mois. Le 11 mars, a été publiée la lettre ouverte "L'heure décisive pour Cuba", lancée par la pasteure baptiste Joanna Columbié. La lettre exige une transition démocratique et dénonce que "le silence institutionnel de l'Église est injustifiable".
Pour sa part, la Convención Bautista de Cuba Occidental a adopté une position plus prudente et a demandé à ses églises de ne pas utiliser leurs installations pour l'activisme politique.
Ce jeudi même, le chef de mission des États-Unis à La Havane, Mike Hammer, s'est réuni avec l'Alliance des Églises Évangéliques de Cuba —qui regroupe près d'un million d'évangéliques— et a qualifié la rencontre de "très fructueuse".
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