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Le chancelier cubain Bruno Rodríguez Parrilla a publié ce samedi un message sur les réseaux sociaux dans lequel il a affirmé que les États-Unis appliquent un "blocus féroce" à Cuba précisément parce qu'ils reconnaissent la viabilité de son système socialiste et la force du gouvernement sous attaque.
Les déclarations interviennent un jour après que le secrétaire d'État Marco Rubio ait qualifié le régime cubain d'"incompétent" et ait exigé un changement total sur l'île, affirmant que le seul chose pire qu'un communiste est un communiste incompétent.
Rodríguez Parrilla a construit son argument sur une logique inverse à celle de Washington : "Il n'est pas nécessaire d'avoir une agression asymétrique, abusive et implacable comme celle-ci, contre un gouvernement que l'on considère comme incompétent", a écrit le ministre des Affaires étrangères.
Le fonctionnaire est allé plus loin en attribuant la pression américaine à une reconnaissance tacite de la solidité du régime : "Les États-Unis se livrent à cette brutale offensive parce qu'ils ont conscience de la force du gouvernement attaqué, de la viabilité de son système socialiste et, surtout, de son engagement démontré en faveur de la justice sociale et de la solidarité".
La narration de Rodríguez Parrilla s'oppose directement à la position de l'administration Trump, qui a qualifié Cuba d'état échoué et a articulé une politique de pression maximale pour forcer un changement de régime.
Rubio, principal porte-parole de cette politique, a affirmé vendredi dernier que "l'économie de Cuba doit changer, et cette économie ne peut pas changer à moins que son système de gouvernement ne change également", et a exigé des transformations sur trois fronts : les personnes aux commandes, le système de gouvernement et le modèle économique.
Le propre Trump a déclaré que "Cuba est en très mauvais état" et a évoqué la possibilité d'une "prise amicale" de l'île, soulignant que Cuba est la suivante à l'ordre du jour de son gouvernement après le Venezuela et l'Iran.
Les données économiques indépendantes contredisent le récit officiel cubain de viabilité. L'Unité d'Intelligence Économique projette une contraction du PIB cubain de 7,2 % en 2026, ce qui représenterait une baisse cumulée de 23 % depuis 2019.
En pratique, la crise énergétique que traverse l'île est dévastatrice : les coupures de courant atteignent entre 15 et 25 heures par jour, les hôpitaux suspendent les opérations non urgentes, les ambulances manquent de carburant et les écoles restent fermées.
À la mi-mars, Cuba a enregistré son sixième blackout national en 18 mois, avec seulement 1 140 mégawatts disponibles pour une demande de 2 347 mégawatts.
La crise s'est intensifiée après l'ordre exécutif signé par Trump à la fin janvier, qui impose des tarifs allant jusqu'à 50 % aux pays fournissant du pétrole à Cuba. Le Mexique a suspendu ses envois de brut et l'île a également perdu 26 000 barils par jour du Venezuela après la capture de Nicolás Maduro.
Pour sa part, le vice-ministre Carlos Fernández de Cossío a confirmé que le régime ne débattra pas de l'irrévocabilité du socialisme, du rôle hégémonique du Parti Communiste ni de la libération des prisonniers politiques dans aucune négociation avec Washington.
Rubio a résumé la position américaine par un avertissement direct : Il y aura un accord ou nous ferons ce que nous avons à faire.
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