Moscou admet un accord avec les États-Unis pour envoyer du pétrole à Cuba en pleine crise



Dmitri Peskov et Donald TrumpFoto © Wikipédia - whitehouse.gov

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Le Kremlin a confirmé ce lundi que l'envoi de pétrole russe à Cuba n'était pas une décision unilatérale, mais une opération préalablement discutée avec les États-Unis, dans le contexte de la crise énergétique qui frappe l'île.

Le porte-parole du président russe, Dmitri Peskov, a assuré que Moscou avait abordé avec Washington la possibilité de réaliser des fournitures “humanitaires” de pétrole avant l'arrivée du pétrolier Anatoli Kolodkin, qui a transporté environ 100 000 tonnes — équivalentes à près de 730 000 barils — vers Cuba.

«Ce sujet a été abordé précédemment lors des contacts avec nos homologues américains», a déclaré Peskov dans des propos rapportés par l'agence TASS, confirmant que l'administration de Donald Trump non seulement a permis l'envoi, mais était également au courant de l'opération.

La reconnaissance officielle renforce l'idée que le flux de pétrole vers Cuba est actuellement conditionné par des décisions de Washington. Selon le Kremlin lui-même, les États-Unis ne s'opposent pas à des envois périodiques à des fins humanitaires de la part de la Russie ou d'autres pays.

Ce tournant se produit à un moment de forte pression énergétique sur le régime cubain, qui a besoin d'environ 100 000 barils par jour pour maintenir son système électrique et son économie. La cargaison reçue couvre à peine une semaine de consommation, au milieu de coupures de courant prolongées et d'un déficit électrique supérieur à 2 000 mégawatts.

En même temps, la Russie fait face à des difficultés croissantes pour exporter son pétrole. Au cours des derniers jours, l'Ukraine a intensifié ses attaques contre des ports clés tels que Primorsk — d'où est parti l'Anatoli Kolodkin — et Ust-Luga, affectant l'infrastructure qui soutient ses ventes internationales.

Dans ce contexte, l'envoi vers Cuba reflète un équilibre géopolitique délicat : tandis que Washington permet certains approvisionnements pour éviter un effondrement total sur l'île, il maintient également la pression sur le régime et sur la capacité d'exportation de la Russie elle-même.

Plus qu'un simple geste humanitaire, l'accord souligne comment la crise énergétique cubaine dépend de plus en plus de décisions externes dans un tableau mondial marqué par la guerre et la concurrence stratégique.

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