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Le pétrolier russe ‘Anatoli Kolodkin’ est arrivé ce lundi à Cuba avec 100 000 tonnes de brut — équivalent à environ 730 000 barils — comme l'a confirmé le ministère des Transports de Russie par l'intermédiaire de l'agence EFE.
Il s'agit de la première cargaison de pétrole à arriver sur l'île depuis près de trois mois, au milieu de la pire crise énergétique que le pays ait connue depuis des décennies.
Le navire a accosté au port de Matanzas, où il se trouve actuellement en attente de déchargement, après avoir levé l'ancre le 9 mars dernier depuis Primorsk, en Russie.
Lors de sa traversée, le pétrolier a navigué avec une destination initiale déclarée comme fictive et a été escorté par la marine russe en traversant la Manche. Récemment, il se trouvait au nord d'Haïti avant de compléter son itinéraire vers les Caraïbes.
Le ‘Anatoli Kolodkin’ appartient à Sovcomflot, une entreprise d'État russe sanctionnée par les États-Unis depuis 2024, et le navire lui-même est également sanctionné par l'Union européenne et le Royaume-Uni.
Pese à cela, le président Donald Trump a autorisé son entrée et a défendu la décision comme une mesure de caractère humanitaire. “Je préfère le laisser entrer, qu'il vienne de Russie ou de tout autre pays, car les gens ont besoin de chauffage, de climatisation et d'autres choses essentielles”, a-t-il déclaré.
Trump a été plus direct en affirmant qu'il n'a "aucun problème" avec le fait que Cuba reçoive du pétrole russe, bien qu'il ait qualifié le régime de La Havane de "mauvais et corrompu". La garde côtière américaine a déployé au moins deux embarcations au nord de l'île, mais a reçu des instructions de ne pas intercepter le navire.
La arrivée du chargement survient après des mois de collapse énergétique. Depuis le 9 janvier 2026, Cuba a cessé de recevoir des approvisionnements stables en pétrole brut : le Venezuela a suspendu ses envois après la capture de Nicolás Maduro par des forces américaines, et le Mexique a interrompu ceux de Pemex — qui représentaient 44 % des importations cubaines en 2025 — sous la pression de Washington.
Le déficit électrique a atteint 2 000 mégawatts par jour au cours de la première quinzaine de mars, avec des coupures de courant dépassant 30 heures dans certaines zones, affectant plus de 60 % du pays. La crise s'est aggravée encore davantage après la disparition en février d'un navire russe transportant environ 200 000 barils de gasoil qui n'est jamais arrivé sur l'île.
Selon des estimations citées par EFE, la cargaison récemment arrivée ne permettrait à peine de couvrir plusieurs semaines de demande énergétique, ce qui souligne le caractère temporaire du soulagement.
De plus, des rapports de presse indiquent que Moscou pourrait envoyer un deuxième pétrolier, le 'Sea Horse', avec environ 27 000 tonnes de carburant, ce qui suggère une tentative de maintenir à court terme l'approvisionnement vers l'île.
Ce mouvement se produit dans un contexte de contradictions dans la politique de Washington. À la fin janvier, Trump a signé un décret menaçant d'imposer des tarifs douaniers aux pays qui fournissaient du pétrole à Cuba. Cependant, quelques semaines plus tard, il a autorisé de manière ponctuelle cet envoi, au milieu de l'aggravation de la crise énergétique sur l'île.
La Russie a qualifié l'envoi d'« aide humanitaire », tandis que l'ONU maintient un plan d'urgence de 94,1 millions de dollars pour faire face à la situation à Cuba.
Cependant, l'incapacité du régime à garantir l'approvisionnement électrique paralyse une grande partie de l'économie et aggrave les conditions de vie de la population.
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