La militante cubaine Amelia Calzadilla a lancé une critique forte contre le porte-parole officiel Michel Torres Corona, au milieu de la polémique générée par l'interview de Sandro Castro avec CNN et la censure ultérieure d'un segment du programme d'État Con Filo.
Dans une publication expansive sur Facebook, Calzadilla a réagi à la vidéo que Torres a décidé de diffuser sur ses réseaux, et que le régime n'a pas autorisé à être diffusée à la télévision, où le présentateur s'en prenait au petit-fils de Fidel Castro pour ses déclarations critiques envers le gouvernement.

Bien qu'elle ait admis qu'il lui ait semblé surprenant d'entendre Torres qualifier Sandro de “spermatozoïde le plus rapide”, l'activiste a clairement indiqué qu'elle ne croit pas à la prétendue position critique du communicateur officiel.
« Je ne me laisse pas séduire par les chants des sirènes », a-t-il écrit, remettant en question ce qu'il considère comme une double morale au sein des médias d'État. Selon Calzadilla, il est incohérent que le système autorise certains discours sur des réseaux personnels tout en censurant ceux qui pourraient avoir un impact réel sur la population à partir de la télévision nationale.
L'activiste est allé au-delà en soulignant le contraste entre le traitement réservé aux figures liées au pouvoir et celui des citoyens ordinaires. Elle a rappelé que tandis que Sandro Castro peut s'exprimer sans conséquences, plus d'un millier de prisonniers politiques sur l'île et leurs familles font face à des sanctions pour des actions de bien moindre portée.
« Épargne-toi le théâtre », a-t-il déclaré, accusant Torres de défendre un système qui, selon lui, applique les lois de manière sélective.
Le message s'en est également pris à l'interview de Sandro Castro sur CNN, la qualifiant d'offensante pour les Cubains. Calzadilla a critiqué qu'un média international laisse de la place à quelqu'un dont le principal « mérite » est d'appartenir à la famille au pouvoir, tandis que le pays traverse une profonde crise.
Dans sa publication, il a également dénoncé les inégalités à Cuba, contrastant les luxes exhibés par le petit-fils de Fidel Castro avec la réalité de nombreux citoyens, y compris des enfants vivant sans électricité ou dans des conditions précaires.
La réaction de Calzadilla survient après un épisode qui a de nouveau mis en évidence les tensions au sein de l'appareil médiatique officiel. Michel Torres a publié sur Facebook un extrait censuré de Con Filo dans lequel il critiquait Sandro Castro, après que l'émission ait évité d'aborder le sujet lors de sa diffusion télévisée, ce qui a suscité des interrogations parmi les téléspectateurs eux-mêmes.
Le cas a ravivé le débat sur les limites de la critique au sein du système cubain, notamment lorsque cela implique des figures proches du pouvoir, et a une fois de plus mis en lumière les fissures entre le discours officiel et la perception des citoyens.
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