Sandro Castro, petit-fils de Fidel Castro et influenceur avec plus de 150 000 abonnés sur Instagram, a accordé une interview exclusive à CNN depuis son appartement à La Havane, où il a critiqué ouvertement le président Miguel Díaz-Canel, défendu le capitalisme et reconnu les difficultés de la crise qui traverse Cuba.
Castro, présenté par les médias américains comme entrepreneur et propriétaire du Bar EFE à Vedado, n'a pas ménagé ses critiques envers le gouvernement. "Pour moi, le président ne fait pas du bon travail. Il aurait dû prendre des décisions importantes il y a longtemps qui nous affectent aujourd'hui", a-t-il affirmé.
Il a également reconnu l'impact de la crise sur sa propre vie quotidienne, bien qu'il ait admis disposer d'un générateur électrique qui lui offre de meilleures conditions que la plupart des Cubains. "Il faut se battre, comme nous le disons tous les Cubains. C'est dur, très dur, même pour un Castro. Il manque de l'électricité, il manque de l'eau, les produits n'arrivent pas, c'est très difficile", a-t-il déclaré.
Concernant la situation économique générale, il a été direct : "La situation économique à Cuba touche tout le monde, en particulier les plus défavorisés."
Un des moments les plus marquants de l'interview a été sa défense du capitalisme comme modèle désiré par la majorité des Cubains. "Il y a beaucoup de personnes à Cuba qui pensent de manière capitaliste et qui veulent un capitalisme avec souveraineté", a-t-il soutenu.
Il a souligné la fracture idéologique que traverse la société cubaine : "La plupart des Cubains veulent le capitalisme, pas le communisme. Cela a créé des différences et, tristement, aussi de la haine."
Sandro Castro a également fait des commentaires ironiques sur une éventuelle ouverture économique, y compris des blagues sur l'arrivée de Donald Trump à Cuba et la construction d'une Tour Trump à La Havane.
Face aux questions sur les privilèges que son nom de famille pourrait lui conférer, il a fermement nié : "Mon nom est mon nom, et j'en suis fier, mais je ne vois pas cette aide dont vous parlez. Je suis comme tout citoyen."
La interview s'inscrit dans un contexte de pression internationale croissante sur le régime cubain. Le secrétaire d'État Marco Rubio a souligné la nécessité d'un nouveau leadership sur l'île, ce qui pourrait impliquer des changements dans la présidence de Díaz-Canel.
En octobre 2025, Sandro Castro avait déjà pris ses distances avec l'idéologie officielle en déclarant publiquement : "Révolutionnaire oui. Communiste non. Respect à mon pays et au gouvernement".
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