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Le dirigeant cubain Miguel Díaz-Canel a lancé un avertissement direct aux États-Unis en affirmant que l'île répondrait par une stratégie de guerre de guérilla en cas d'intervention militaire.
Dans une interview accordée à Newsweek à La Havane —la première à un média américain depuis 2023—, Díaz-Canel a affirmé que, bien que son gouvernement prône le dialogue, il est préparé à faire face à une éventuelle attaque.
Nous travaillerons toujours pour la paix, mais s'il y a une agression militaire, nous nous battrons et nous défendrons, a déclaré le dirigeant, qui a insisté sur le fait que la réponse impliquerait “la participation de tout le peuple”.
Le dirigeant a invoqué la doctrine de “guerre de tout le peuple”, une stratégie historique du régime, et a averti que toute action militaire de Washington entraînerait des “pertes immenses” pour les deux nations.
La perte de vies humaines et la destruction matérielle seraient incalculables, a-t-il affirmé, tout en soulignant qu'il n'existe aucune justification pour une agression militaire de la part des États-Unis.
Tensions croissantes
Les déclarations interviennent dans un contexte de tension croissante entre les deux pays, marqué par les récentes mises en garde du président Donald Trump, qui a laissé entendre que Cuba pourrait être la prochaine cible d'une intervention après les opérations militaires au Venezuela et en Iran.
Depuis janvier, l'île est confrontée à une grave crise énergétique aggravée par des restrictions sur l'approvisionnement en pétrole, ce qui a intensifié les coupures de courant, la pénurie et le mécontentement social.
Le gouvernement américain a justifié ses mesures en considérant que Cuba représente une menace pour sa sécurité nationale, soulignant ses liens avec des pays comme la Russie, la Chine et l'Iran. Les autorités cubaines rejettent ces accusations.
Crise interne et pression externe
Le durcissement des sanctions a contribué à la hausse des prix des aliments et à la pénurie de médicaments, dans un contexte de dégradation économique qui frappe directement la population cubaine.
Dans ce scénario, Díaz-Canel lui-même a reconnu que des conversations sont en cours entre des fonctionnaires des deux pays, bien qu'il ait admis que le dialogue est “difficile”.
« Je pense que le dialogue est possible, mais il doit être respectueux, sur un pied d'égalité et basé sur le droit international », a-t-il affirmé.
Le dirigeant a également écarté les craintes concernant sa sécurité personnelle, malgré les récents précédents au Venezuela et en Iran, où des actions militaires des États-Unis ont conduit à la chute de leurs dirigeants respectifs.
Je ne suis pas inquiet pour ma sécurité personnelle. La direction de la révolution est collective, a-t-il affirmé.
Néanmoins, il a insisté sur le fait que son gouvernement cherche une solution diplomatique pour éviter une confrontation directe, bien qu'il ait reconnu que les actions récentes de Washington suscitent de la méfiance parmi les Cubains.
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