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L'économiste cubain Pedro Monreal a rappelé ce samedi que les grands changements politiques et économiques observés dans des pays dirigés par des partis communistes n'ont pas été le résultat de négociations directes avec les États-Unis ou d'autres puissances, mais plutôt de crises internes et de pressions sociales accumulées.
En un commentaire publié sur sa page Facebook El Estado como tal, Monreal a souligné que les transformations survenues en l'Union soviétique et en Europe de l'Est, qui ont conduit à la fin des régimes communistes et à la transition vers des économies de marché, ainsi que les réformes engagées en Chine et au Vietnam sans effondrement du système de parti unique, ont émergé de dynamiques internes propres à ces sociétés.
Selon l'économiste, ces processus historiques ont été propulsés par une combinaison de crises économiques, de décisions prises par les élites au pouvoir et de pressions émanant de la population et des secteurs opposants.
Bien que les interactions avec l'Occident aient eu une influence indirecte, il a souligné qu'elles n'étaient pas la cause principale des changements.
Monreal a précisé que son observation constitue un fait historique et non un pronostic politique, en référence au contexte actuel marqué par les récents échanges entre des fonctionnaires des États-Unis et des représentants du régime cubain.
Ces contacts ont été révélés par le média américain Axios, qui a rapporté des réunions tenues le 11 avril à La Havane entre une délégation du département d'État et des membres de l'appareil de pouvoir cubain.
Lors des rencontres, Washington a indiqué à ses interlocuteurs que l'économie de l'île est “en chute libre” et que les élites dirigeantes disposent d'une fenêtre limitée pour mettre en œuvre des réformes avant que la dégradation ne devienne irréversible.
Uno des participants identifiés par la partie américaine était Raúl Guillermo Rodríguez Castro, petit-fils de Raúl Castro et chef de la direction générale de la sécurité personnelle, chargée de protéger la direction au pouvoir.
L'officier, connu sous le nom de "El Cangrejo", est considéré par Washington comme un interlocuteur proche de l'entourage de l'ancien président, qui, à 94 ans, continue d'être perçu comme une figure centrale au sein de la structure de pouvoir du régime.
Les conversations ont également inclus des demandes des États-Unis relatives aux compensations pour les biens confisqués après 1959, à la libération des prisonniers politiques, à l'élargissement des libertés politiques et à la tenue éventuelle d'élections libres.
Le contexte économique ajoute une pression à ces contacts diplomatiques. Des projections de Economist Intelligence Unit estiment que l'économie cubaine pourrait se contracter de 7,2 % en 2026, accumulant une chute proche de 23 % depuis 2019, au milieu d'une crise marquée par l'inflation, la pénurie alimentaire, la détérioration des services de base et des coupures de courant prolongées dans plusieurs régions du pays.
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