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Le porte-parole du Ministère des Affaires Étrangères de Chine, Guo Jiakun, a exhorté ce mardi Washington à mettre immédiatement fin à l'embargo, aux sanctions et à toute forme de pression coercitive contre Cuba.
En conférence de presse, Guo a affirmé que "de nombreux pays et personnes de différents secteurs aux États-Unis" réclament la fin de l'embargo et que Washington doit "écouter ces appels justes".
La Chine a réitéré sa disposition à offrir son soutien et son assistance à Cuba face à ce qu'elle a qualifié de "menaces réitérées" des États-Unis, et a exprimé sa volonté de travailler avec toutes les parties pour soutenir l'île dans la défense de sa souveraineté et de sa sécurité nationale.
Les déclarations de Pékin interviennent deux jours après que les présidents de l'Espagne, du Mexique et du Brésil aient publié une déclaration conjointe depuis la IVe Sommet en Défense de la Démocratie à Barcelone, dans laquelle ils ont exprimé leur énorme préoccupation face à la grave crise humanitaire que traverse le peuple cubain et se sont engagés à intensifier l'aide humanitaire coordonnée à l'île.
Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a été le plus emphatique en clôturant ce sommet samedi dernier, exigeant directement de mettre fin à ce blocus.
Le chancelier cubain Bruno Rodríguez a remercié lundi ce soutien, dénonçant le durcissement du blocus des États-Unis à des niveaux extrêmes.
La pression maximale de Trump sur Cuba
Le contexte de cette escalade diplomatique est la pression maximale que l'administration Trump a exercée sur Cuba depuis janvier 2026. Le 29 janvier, Trump a signé l'Ordonnance Exécutive 14380, déclarant une urgence nationale en raison de la supposée menace inhabituelle et extraordinaire du gouvernement cubain et imposant des droits de douane allant jusqu'à 50 % aux pays tiers fournissant du pétrole à l'île.
Le 20 février, un nouvel ordre exécutif a supprimé le mécanisme des droits de douane sur le pétrole pour les tiers, bien qu'il ait prolongé d'un an l'autorité d'inspecter les navires à destination de Cuba.
Le 30 mars, Trump a permis l'arrivée du pétrolier russe Anatoly Kolodkin avec entre 700 000 et 730 000 barils, levant l'embargo pétrolier, bien que les sanctions générales sur l'île restent en vigueur.
Trump a également réintégré Cuba dans la liste des États soutenant le terrorisme le jour de son investiture et a suspendu indéfiniment les transferts de Western Union vers l'île en février 2026.
La Chine, un acteur constant sur la scène cubaine
La Chine n'est pas un acteur nouveau sur cette scène. La porte-parole du Ministère des Affaires étrangères chinois Mao Ning avait déjà émis des déclarations similaires au début d'avril 2026.
Le 28 janvier, Pékin a condamné les politiques coercitives de Washington qui, selon ses dires, .
La position de la Chine et de plusieurs gouvernements latino-américains et européens contraste avec la ligne de pression maximale maintenue par Washington, dont l'administration a écarté toute flexibilisation tant que le régime de La Habana n'apporte pas de changements politiques substantiels.
Trump a résumé sa position le 30 mars avec une phrase cinglante : "Cuba est finie".
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