Cuba, en alerte maximale face aux États-Unis : "Nous sommes prêts à nous battre"



Soldat cubainPhoto © Facebook / Ejército Central de Cuba

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L'ambassadeur cubain auprès de l'ONU, Ernesto Soberón Guzmán, a déclaré ce jeudi à l'Associated Press que Cuba est prête à répondre militairement si les États-Unis lancent une agression, tout en rejetant catégoriquement tout ultimatum de Washington pour libérer des prisonniers politiques comme condition des négociations diplomatiques en cours.

« Nous observons ce qui se passe dans le monde entier, dans notre région, au Moyen-Orient, donc nous ne sommes pas naïfs », a affirmé le diplomate, ajoutant que s'il y avait une agression militaire, « nous sommes prêts à répondre ».

Les déclarations interviennent dans le cadre des premières conversations directes de haut niveau entre Cuba et les États-Unis depuis une décennie, commencées le 10 avril lorsque une délégation américaine est arrivée secrètement à La Havane.

Washington a participé au niveau de sous-secrétaire d'État et La Havane au niveau de vice-ministre des Affaires étrangères.

Selon des rapports de USA Today et Axios, les États-Unis ont imposé un délai de deux semaines —qui expire ce vendredi— pour que Cuba libère des prisonniers politiques de haut niveau, parmi lesquels le l'artiste Luis Manuel Otero Alcántara et le rappeur Maykel Osorbo, tous deux emprisonnés depuis les manifestations du 11 juillet 2021.

Le Département d'État a été clair dans son avertissement : "Le régime cubain doit cesser de jouer alors que des conversations directes sont en cours. Ils ont une petite fenêtre pour parvenir à un accord."

Soberón Guzmán a rejeté cette exigence avec la même fermeté : "Nous avons notre système légal, tout comme ici aux États-Unis ils ont le leur. Donc, nous devons respecter les affaires internes des deux."

Le diplomate a insisté sur le fait que les questions relatives aux détenus ne sont pas sur la table des négociations et que la position du régime est que ces sujets relèvent exclusivement de sa juridiction interne.

Malgré le ton belliqueux, Soberón Guzmán a laissé la porte ouverte au dialogue : "Notre première option —ce que nous voulons vraiment— est un dialogue réussi avec le gouvernement des États-Unis."

Crise énergétique et préparation militaire

Le fond de cette tension est une crise énergétique sans précédent sur l'île. La capture de Nicolás Maduro par des forces américaines en janvier 2026 a éliminé entre 80 et 90 % des importations de pétrole vénézuélien, et l'ordonnance exécutive de Trump du 29 janvier impose des droits de douane secondaires aux pays qui exportent du pétrole vers Cuba, ce qui a conduit le Mexique à suspendre les expéditions de Pemex.

Cuba a besoin de 90 000 à 110 000 barils par jour mais en produit seulement environ 40 000, ce qui a provoqué des coupures de courant dépassant les 40 heures dans certaines communautés.

Dans ce contexte d'asphyxie économique, le régime maintient une double stratégie : un dialogue diplomatique tout en intensifiant la préparation militaire.

Le Conseil de Défense Nationale, présidé par Raúl Castro, a approuvé le 18 janvier des plans pour le "passage à l'État de Guerre", et La Havane a déclaré 2026 comme "Année de préparation à la défense", avec des exercices militaires chaque samedi sous la doctrine de "guerre de tout le peuple".

Le propre Díaz-Canel a décrit la réunion du 10 avril comme « respectueuse et professionnelle » et à un « stade très préliminaire », bien qu'il ait également averti qu'une intervention militaire rencontrerait une résistance de guérillas et des « pertes immenses » pour l'agresseur.

Compensations et négociations à un point critique

Parmi les sujets que Soberón Guzmán a bien reconnus comme faisant partie des conversations figurent les indemnités aux Cubano-Américains pour les propriétés confisquées depuis 1959, bien qu'il ait conditionné tout accord à un allègement réciproque de l'embargo : "Ce n'est pas seulement cette revendication, mais aussi la revendication de notre part parce que l'embargo a un impact économique. C'est une autoroute à double sens."

Cuba a libéré 52 détenus en mars 2026 et 2 010 autres au début d'avril dans le cadre des dialogues, mais refuse d'accepter des conditions formelles concernant les détenus de haut profil, ce qui maintient les négociations à un point de tension maximale juste au moment où expire l'ultimatum américain.

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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