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La présidente de l'Assemblée Municipale du Pouvoir Populaire (AMPP) à Manicaragua, Madelaine Hernández García, a suscité la controverse après avoir déclaré sur les réseaux sociaux que l'absence de pain dans sa localité a apporté des "bénéfices" à la population, y compris une supposée réduction de la tension artérielle et de l'obésité.
Dans une publication sur Facebook, la fonctionnaire a affirmé que, face à la crise de combustible qui affecte la production de pain, le secteur du commerce a choisi de produire du pain de manioc, une alternative qui, selon elle, surpasse même en saveur le pain traditionnel.
Cependant, ce qui a le plus retenu l'attention dans son message n'était pas le remplacement alimentaire, mais l'interprétation qu'il a faite de ses effets.
“Cette absence de pain a apporté de multiples bénéfices”, a écrit Hernández García, tout en affirmant —sans fournir de preuves— que les gens “se plaignent beaucoup moins de problèmes de tension artérielle ou de rétention d'eau” et que l'obésité a été réduite “à 5%”.
Il a également défendu le rationnement comme un moyen de "prolonger les ressources dans le temps".
Les déclarations interviennent au milieu d'une crise d'approvisionnement persistante à Cuba, où la pénurie de farine, de carburant et d'autres produits de première nécessité a entraîné des interruptions fréquentes dans la production de pain normalisé, un aliment essentiel dans le régime alimentaire de la population.
Au lieu de reconnaître la gravité du problème, le discours officiel tente à nouveau de présenter le manque comme un atout. La promotion du soi-disant “pain de manioc” ou de patate douce ne répond pas à une stratégie alimentaire planifiée, mais à une solution d'urgence face à l'incapacité du système à garantir des produits de base.
Bien que la manioc soit un aliment traditionnel et largement consommé, son utilisation comme substitut quotidien du pain soulève des questions d'un point de vue nutritionnel.
Se trata d'un produit riche en glucides à absorption rapide et pauvre en protéines, ce qui peut contribuer à des régimes déséquilibrés s'il n'est pas complété de manière adéquate. Les spécialistes s'accordent à dire que le problème ne réside pas dans l'aliment lui-même, mais dans le manque de variété et d'accès à une alimentation équilibrée.
Le journaliste indépendant José Luis Tan Estrada a réagi aux déclarations en soulignant les contradictions de l'argument officiel. Dans un commentaire critique sur le réseau social X, il a remis en question l'idée de justifier la pénurie par de prétendus avantages pour la santé, en soulignant que ce type de narration vise à normaliser une situation qui relève de défaillances structurelles.
La situation du pain à Cuba est devenue un symbole supplémentaire de la détérioration économique et logistique du pays. Alors que les autorités font appel à la « créativité » et au sacrifice de la population, les doutes croissent concernant la durabilité de ces alternatives et l'impact réel qu'elles peuvent avoir sur la qualité de vie des Cubains.
Plus qu'une solution, le “pain de manioc” reflète à quel point la crise oblige à remplacer des aliments de base par des options moins équilibrées, dans un contexte où la capacité de choisir quoi manger est devenue un privilège de plus en plus rare.
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