Le lieutenant-colonel Ernesto Fuentes Medina, chef de la sélection au Ministère de l'Intérieur (MININT) à Matanzas, a rappelé cette semaine que les jeunes qui entreront comme cadets dans les universités de cette institution n'ont pas à passer les examens d'entrée que doivent affronter les autres candidats à l'enseignement supérieur à Cuba. Il l'a déclaré lors d'une interview avec TV Yumurí diffusée jeudi dernier.
«Les cadets qui étudient dans les centres d'enseignement militaire du ministère de l'Intérieur et des Forces armées ne font pas de préventes, c'est-à-dire qu'ils ne se confrontent pas à l'instrument, ils n'ont pas à affronter l'instrument des mathématiques, de l'espagnol et de l'histoire», a affirmé l'officier.
Au lieu de ces examens, le MININT applique son propre processus de sélection, qui inclut des tests psychométriques et une évaluation de la condition physique et mentale, en plus d'exiger une moyenne académique de 85 points ou plus pour les carrières de profil militaire.
Fuentes Medina a décrit ce processus comme accessible : « Ce jeune qui est, comme nous disons, d'esprit ouvert, qui se prépare, qui étudie constamment, ne trouve vraiment pas difficile le test que nous [appliquons]... ces jeunes qui vont à nos propres cadets ne passent pas ce test, ce qui est une option très positive pour ces garçons ».
Les jeunes qui terminent leur douzième année dans des instituts préuniversitaires ou leur quatrième année dans des instituts polytechniques de la province de Matanzas peuvent y accéder en tant que cadets.
L'officier a expliqué que l'Instituto Superior del MININT, basé à La Havane, se divise en trois facultés : la Faculté Technique, où sont étudiés la cryptologie et l'informatique opérationnelle ; la Faculté de Droit — décrite comme la plus grande — qui inclut les carrières de criminologue, d'enquêteur criminel, d'instructeur pénal, de sécurité publique et de licence en sciences sociales pour le travail politique-idéologique ; et une troisième faculté où sont enseignés le DTI et le contre-espionnage.
Avant de commencer la carrière, tous les cadets doivent passer un mois de préparation préalable sur des aspects militaires.
Le MININT dispose également d'une seconde modalité : il utilise des quotas attribués par le Ministère de l'Éducation Supérieure dans des universités civiles — comme l'Université de Matanzas, la CUJAE ou d'autres — pour des spécialités qui ne sont pas enseignées dans ses propres instituts. Ceux qui étudient par cette voie doivent effectivement passer l'examen d'entrée et obtenir au moins 60 points dans chacune des trois matières : Mathématiques, Espagnol et Histoire de Cuba.
Le MININT propose également des cours de niveaux de base et intermédiaire en mode semi-présentiel pour les jeunes de 18 à 35 ans ayant au moins un niveau de neuvième année, dans des spécialités telles que enquêteur criminel, DTI, contre-espionnage, instruction pénale, expert criminel, technique canine et agent des forces de l'ordre.
L'annonce intervient à la veille des examens d'entrée à l'enseignement supérieur pour l'année scolaire 2026-2027, programmés pour le 5 juin (Mathématiques), le 9 juin (Espagnol) et le 12 juin (Histoire de Cuba), avec 96,305 places universitaires disponibles dans tout le pays.
Le contexte est révélateur : lors du cours précédent, seulement 46,4 % des candidats ont réussi les épreuves d'entrée, ce qui met en évidence la profonde crise du système éducatif cubain après des décennies de dégradation accumulée sous la dictature. Dans ce contexte, la voie du MININT —sans examens pour ses propres cadets— se présente comme un chemin privilégié vers l'enseignement supérieur, bien qu'elle mène directement aux structures de répression du régime.
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