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Le Département du Trésor des États-Unis a émis ce lundi la Licence Générale 134C sur le pétrole russe, qui autorise temporairement certaines transactions avec du brut d'origine russe, mais maintient Cuba explicitement exclue de tout avantage en vertu de cette norme.
La licence, signée par Bradley T. Smith, directeur du Bureau de contrôle des avoirs étrangers (OFAC), remplace la GL 134B, qui avait expiré le 16 mai 2026, et est valable jusqu'au 17 juin 2026.
Le texte officiel de la GL 134C stipule dans son paragraphe (b)(1) que la licence «n’autorise aucune transaction impliquant une personne située dans ou sous les lois de la République de Cuba», ainsi qu'avec l'Iran, la Corée du Nord et les régions occupées de l'Ukraine.
L'exclusion est délibérée et renforce le blocus énergétique sur l'île à un moment où le régime de Miguel Díaz-Canel fait face à sa pire crise de carburant depuis des décennies.
Le propre ministre cubain de l'Énergie et des Mines, Vicente de la O Levy, a admis le 14 mai que Cuba s'est retrouvée «sans diesel et sans fioul», avec le système électrique dans un état «critique».
L'ironie, c'est que De la O Levy figure parmi les neuf fonctionnaires cubains que l'OFAC a ajoutés ce lundi à la liste des Nationaux Spécialement Désignés (SDN), sous le programme CUBA-EO14404 créé par l'Ordre Exécutif signé par Trump le 1er mai 2026.
Parmi les nouveaux sanctionnés figurent également Juan Esteban Lazo Hernández, président de l'Assemblée nationale du Pouvoir populaire ; Roberto Morales Ojeda, secrétaire d'organisation du Comité central du Parti communiste de Cuba ; et Mayra Arevich Marín, ministre des Communications.
En tant qu'entité, l'OFAC a ajouté à la liste SDN la Direction de l'Intelligence de Cuba (DGI/G2), fondée le 6 juin 1961, qualifiée d'entité gouvernementale sous le même programme de sanctions.
La crise énergétique cubaine s'est aggravée depuis le 3 janvier 2026, lorsque la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro par des forces spéciales américaines a coupé entre 26 000 et 35 000 barils quotidiens de pétrole vénézuélien, représentant entre 80 % et 90 % des importations cubaines.
Le seul soulagement significatif fut l'arrivée du pétrolier russe Anatoly Kolodkin au port de Matanzas le 30 mars, avec environ 730 000 barils, une cargaison qui ne couvrait à peine entre sept et dix jours de consommation.
Depuis lors, le pétrolier russe Universal dérive dans l'Atlantique depuis des semaines sans pouvoir atteindre Cuba, et la GL 134C ferme désormais la porte légale à ce que des tiers puissent se prévaloir de cette licence pour commercer du pétrole russe à destination de l'île.
Cuba a besoin entre 90 000 et 110 000 barils par jour pour l'électricité, les transports et l'agriculture, mais n'en produit en interne qu'environ 40 000, un écart que la dictature ne parvient pas à combler depuis des mois, ce qui se traduit par des coupures de courant pouvant atteindre 30 heures pour la population.
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