« Cuba ne sera pas une autre Venezuela » : le castrisme laisse entrevoir son pire cauchemar lors d'un acte politique à Cienfuegos

Le régime cubain subit des pressions suite aux accusations des États-Unis contre Raúl Castro. Des mobilisations à Cienfuegos montrent la peur d'un destin similaire à celui du Venezuela après la capture de Nicolás Maduro en janvier.



La consigne à Cienfuegos reflète la peur du régime face à une "pression maximale" de Washington, comme celle exercée au VenezuelaPhoto © 5 de Septiembre

Vidéos associées :

Cents de centenaires de cienfuegueros se sont réunis ce vendredi à l'Entreprise Électrique Provinciale pour un acte de déni des accusations pénales du gouvernement des États-Unis contre l'ancien président Raúl Castro, où les participants ont averti que "Cuba ne sera pas une autre Venezuela", a rapporté le journal officiel 5 de Septembre.

Le meeting, qui s'est tenu à trois rues du parc historique José Martí, faisait partie d'une journée de mobilisations à l'échelle nationale convoquée en réponse à l'inculpation formelle contre Castro, annoncée le 20 mai à Miami par le procureur général par intérim Todd Blanche.

L'accusation, approuvée par un grand jury du district sud de la Floride le 23 avril, vise l'ancien ministre des Forces armées révolutionnaires ainsi que cinq anciens militaires cubains pour la destruction d'avionnettes des Hermanos al Rescate le 24 février 1996, dans laquelle quatre cubano-américains ont trouvé la mort : Armando Alejandre Jr., Carlos Costa, Mario de la Peña et Pablo Morales.

Les accusations comprennent la conspiration pour assassiner des citoyens américains, la destruction d'aéronefs civils et quatre accusations individuelles d'homicide, qui pourraient entraîner la réclusion à perpétuité ou la peine de mort.

La phrase chantée à Cienfuegos reflète la peur du régime que Washington applique contre La Havane le même scénario de pression maximale qu'il a utilisé pour forcer le changement au Venezuela, où l'ancien président Nicolás Maduro a été arrêté en janvier et amené devant la justice américaine, ce qui a entraîné une coupure brutale de l'approvisionnement en pétrole vénézuélien à Cuba.

L'acte central de la journée a eu lieu sur la Tribune Anti-impérialiste José Martí à La Havane, devant l'Ambassade des États-Unis. Le dirigeant Miguel Díaz-Canel s'est présenté vêtu d'un uniforme de combat vert olive, bien qu'il n'ait pas prononcé de discours, rompant ainsi avec son habitude.

Le seul dirigeant à prendre la parole fut Gerardo Hernández, coordinateur national des Comités de Défense de la Révolution, qui a transmis un message succinct de Castro lui-même, qui n'a pas assisté à l'événement organisé en son nom.

Mariela Castro, fille du Général de l'Armée, est sortie défendre publiquement son père à la fin de l'événement, en affirmant que "personne ne va le kidnapper", tout en transmettant les mots que ce dernier lui aurait dit. "Personne ne me prend vivant. On me prend en combattant".

Le régime a mobilisé des dizaines d'autobus du transport public pour augmenter la participation, en flagrant contraste avec la grave crise du carburant qui paralyse le pays, où le transport ne couvrait que 42 % de ses objectifs planifiés.

Le secrétaire d'État Marco Rubio a qualifié Raúl Castro de "fugitif" et, interrogé sur une éventuelle opération de capture, a répondu : "Je ne vais pas parler de comment nous le ramènerions ici", dans une déclaration qui a ravivé les comparaisons avec le cas vénézuélien.

Castro aura 95 ans le 3 juin et en avril, Díaz-Canel l'a décrit comme "fragile en raison de son âge avancé".

Ce vendredi, le dirigeant a consacré une citation de José Martí sur Facebook. "Le Nord agité et brutal qui nous méprise n'a pas encore fini de nous connaître : en cherchant à nous diviser, il nous a unis davantage", a-t-il écrit sur son compte X.

Archivé dans :

Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.