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Trois Cubains interrogés ce mercredi par Telemundo 51 sur l'île ont exprimé avec force leur ras-le-bol envers le régime et leur conviction qu'aucun citoyen ne sortirait pour le défendre face à une éventuelle pression extérieure, dans une vidéo qui témoigne de l'état d'esprit de la population au milieu de l'escalade des tensions entre Cuba et les États-Unis.
Le témoignage le plus direct ne laisse aucune place à l'interprétation : « Les Américains peuvent entrer tout de suite, tout le monde va rester assis au même endroit. Personne ne défendra personne ».
L'interviewé a été encore plus explicite sur la nature du pouvoir à Cuba : « Celui qui occupe une grande position ne l'abandonnera pas simplement parce que quelqu'un le souhaite, il ne la lâchera pas. Il faut le forcer à la lâcher, et ils n'hésiteront pas à faire sombrer quiconque pour rester au pouvoir. »
Un autre Cubain mentionné dans le reportage a ajouté : « Qu'il en finisse avec cela, car cela ne va plus avancer. Ce qu'ils font, c'est gagner du temps pour que le mandat se termine ou pour voir s'il y a un changement par un autre moyen, car par la voie normale, cela ne changera jamais. »
Une troisième voix, celle d'une femme qui s'est identifiée comme chrétienne, a choisi un ton différent mais tout aussi révélateur de l'épuisement collectif : « Je suis une chrétienne qui plaide pour la paix. C'est ce que je souhaite pour mon pays, la paix et la tranquillité pour que tout le monde vive bien », et elle a évoqué avec nostalgie la période du dégel diplomatique : « Tout pourrait être comme sous le mandat d'Obama, les relations entre Cuba et les États-Unis étaient bonnes ».
Le vidéo a été publié quelques jours après que le Département de la Justice des États-Unis ait annoncé l'accusation formelle contre Raúl Castro pour le démantèlement des avions de Hermanos al Rescate le 24 février 1996, ce qui a entraîné la mort de quatre citoyens américains.
Les charges incluent la conspiration pour assassiner des citoyens américains, l'assassinat et la destruction d'aéronefs. Raúl Castro pourrait faire face à la réclusion à perpétuité s'il était jugé et reconnu coupable.
Le reportage de Telemundo 51 documente également la crise énergétique dévastatrice que subit l'île. Selon la chaîne, les importations de pétrole à Cuba ont diminué de 80 à 90 % en raison de la pression exercée par Washington.
Les coupures de courant à La Havane dépassent les 15 heures par jour, tandis que dans des provinces comme Pinar del Río, l'approvisionnement en électricité se limite à à peine deux heures par jour.
Un cubain nouvellement arrivé à Miami a résumé le climat de peur qui prévaut sur l'île : « Je ne peux rien te dire de plus car crois-moi, il est assez compromettant de dire ce que l'on pense ».
Un autre témoignage depuis l'île a confirmé la situation à l'intérieur du pays : « À Pinar, ils ne donnent que deux heures. Et ceux qui en parlent : non, on ne peut rien dire. Tout le monde est sous contrôle ».
Le sentiment capté dans la vidéo n'est pas nouveau. Depuis mars 2026, des journalistes à La Havane ont rapporté que la question la plus fréquemment posée dans les rues était « Quand vient Trump ? ».
Lorsque Díaz-Canel a appelé le peuple à « défendre la Révolution » et a promis que chaque Cubain aurait un fusil et une position assignée, les réseaux sociaux ont réagi avec une ironie massive, démantelant le discours officiel.
Le régime, quant à lui, a répondu à la crise énergétique par l’ouverture de magasins à La Havane où des produits d'énergie renouvelable sont vendus à des prix inaccessibles pour la majorité, et par la vente de panneaux solaires en monnaie nationale réservée uniquement aux « personnes sélectionnées » : médecins, enseignants, héros du travail et gloires sportives.
Un pétrolier russe transportant des milliers de barils a changé de cap et s'est éloigné de l'île sans destination confirmée, selon Telemundo 51, ce qui laisse présager que la situation énergétique pourrait se détériorer encore davantage dans les prochaines semaines.
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