
Vidéos associées :
Les autorités de Matanzas ont annoncé que les conducteurs de véhicules d'État qui refusent de prendre des passagers aux points établis perdront leur Licence Opérative de Transport, le document d'habilitation sans lequel ils ne peuvent circuler en fournissant un service.
Gerardo Collado, directeur municipal des Transports de Matanzas, a annoncé la mesure directement à l'Arrêt du Viaduc, l'un des rares points de ramassage économiquement accessibles pour la population.
«Au chauffeur de moyens d'État qui ne s'arrête pas pour prendre des passagers, la Licence Opérative du Transport sera retirée», a-t-il averti.
L'annonce intervient au milieu d'une crise de mobilité qui pousse les habitants de Matanzas à attendre de longues heures sous le soleil pour atteindre leurs destinations.
El Paradero du Viaduc est l'une des rares alternatives permettant aux citoyens de se déplacer vers des zones telles que les rivières Canímar ou Buey Vaca, ou vers l'entrée de la ville par Peñas Altas.
Les chauffeurs d'État évitent de prendre des passagers avec diverses excuses : ils disent qu'ils vont vers des destinations proches, que les sièges arrière sont occupés par des caisses ou des valises, ou ils prétextent le besoin de se rendre à une station-service pour chercher du carburant ou de l'air pour les pneus.
Inspecteurs comme Enrique Romero, présents à l'arrêt sous le soleil, doivent persuader les conducteurs de respecter leur obligation afin de réduire l'interminable file d'attente.
Les riquimbilis —tricycles motorisés— existent comme alternative, mais ne sont pas une option économique quotidienne pour la majorité de la population.
La situation reflète l'effondrement du système de transport dans la province. En février 2026, le transport à Matanzas a été pratiquement paralysé, avec seulement un départ quotidien sur la route La Havane-Matanzas et le train vers l'Orient passant tous les huit jours.
En septembre 2025, à peine 63 des 129 autobus étaient opérationnels dans la province, ce qui équivaut à 48,8% du parc disponible, et la ville ne conservait que neuf lignes urbaines en fonctionnement.
À l'échelle nationale, la situation n'est pas meilleure : l'Entreprise des Autocars Nationaux n’exploitait que 219 autocars sur un total de 558 à la fin de 2025, selon des données sur la crise du transport interprovincial à Cuba.
L'obligation pour les véhicules d'État de prendre des passagers à des points établis n'est pas nouvelle. Depuis mars 2022, il a été décidé à Matanzas que les moyens d'État devaient s'arrêter aux endroits signalés dans le cadre du schéma de « transport solidaire », mis en œuvre comme mesure d'urgence face à l'effondrement du système.
La menace de retirer des permis représente une intensification de la pression officielle sur les conducteurs, qui ont historiquement échappé à cette obligation.
La que la crise énergétique à Cuba a un impact «systémique et de plus en plus grand» sur le transport, et que Cuba était sans combustible suffisant depuis plus de trois mois.
Archivé dans :