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Le Département du Trésor des États-Unis a émis ce lundi une licence temporaire autorisant pendant 60 jours la production, la vente et la livraison de pétrole iranien, dans le cadre des avancées diplomatiques réalisées en Suisse.
Cependant, le document exclut expressément Cuba de toute transaction couverte par cette autorisation.
La mesure, connue sous le nom de Licence Générale X de l'Office de Contrôle des Actifs Étrangers (OFAC), sera en vigueur jusqu'au 21 août 2026 et couvre également les produits pétrochimiques et les dérivés du pétrole d'origine iranienne.
Le texte légal stipule précisément que l'autorisation ne s'applique à aucune transaction impliquant des personnes ou des entités situées à Cuba, en Corée du Nord, en Crimée ou dans les territoires ukrainiens sous contrôle prorusse.
Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a annoncé la décision via son compte sur X et l'a directement liée aux engagements pris par Téhéran lors des négociations tenues à Bürgenstock, en Suisse.
«En concordance avec les conversations productives qui se déroulent en Suisse, l'Iran s'est engagé à garantir le transit libre et ouvert dans le détroit d'Ormuz et à permettre l'entrée d'inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique sur son territoire», a écrit Bessent.
Le vice-président JD Vance, présent en Suisse, a confirmé dimanche que les négociations avaient atteint « un très bon progrès » et a assuré que « le détroit d'Ormuz est ouvert ». La licence pétrolière fait partie d'un mémoire d'entente signé entre les deux pays comme étape vers un accord définitif de paix.
L'ouverture envers l'Iran contraste avec le durcissement constant de la politique américaine envers Cuba en matière énergétique. À peine 11 jours auparavant, le secrétaire d'État Marco Rubio a annoncé des sanctions contre CUPET, la société pétrolière d'État cubaine, sous le décret exécutif 14404 signé par Trump le 1er mai 2026.
Ces sanctions bloquent les biens et intérêts de l'entreprise sous juridiction américaine et exposent à des sanctions secondaires toute entreprise étrangère qui collabore avec CUPET.
Les conséquences sont déjà visibles : la société pétrolière australienne Melbana Energy a suspendu ses opérations à Cuba en raison des pressions résultant de ces sanctions.
L'exclusion de Cuba de la Licence Générale X n'est pas un fait isolé. Les licences temporaires de l'OFAC sur le pétrole russe émises entre mars et mai 2026 —identifiées comme 134A, 134B et 134C— ont également systématiquement omis l'île.
En mars 2026, une licence de l'OFAC a pratiquement bloqué l'envoi de pétrole russe à Cuba, et en mai, Washington a maintenu Cuba en dehors d'une autre licence temporaire sur le pétrole.
Le schéma est clair : tandis que l'administration Trump négocie des ouvertures avec l'Iran et assouplit les sanctions dans le cadre d'une stratégie diplomatique plus large, la pression sur le régime cubain reste intransigeante, peu importe le pays fournisseur d'énergie.
Avant le blocus naval imposé par Washington à l'Iran en avril 2026, ce pays exportait plus de 1,5 million de barils par jour ; en mai, ce chiffre s'était effondré à entre 209 000 et 260 000 barils par jour, le niveau le plus bas en six ans, selon des analyses citées par l'agence EFE.
La délégation iranienne a quitté la Suisse ce lundi, tandis que les équipes techniques des deux pays poursuivront cette semaine les discussions sur les mécanismes de mise en œuvre du mémorandum.
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