Lancement d'un projet de gestion des déchets dans le quartier havanais de San Isidro, à l'approche du 11J

Le PNUD et le Bureau de l’Historien de La Havane ont lancé cette semaine un projet de deux ans pour gérer les déchets plastiques dans le Conseil Populaire de San Isidro, avec le soutien de l'AECID. L'initiative arrive au milieu d'une crise structurelle de collecte des déchets dans la capitale cubaine et à quelques jours du cinquième anniversaire des manifestations du 11 juillet. San Isidro est le quartier qui a donné son nom au mouvement dissident qui a été le moteur symbolique de ces manifestations.



Basurero à La Havane (image de référence)Foto © CiberCuba

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Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le Bureau de l'Historien de la Ville de La Havane ont lancé cette semaine un projet de deux ans pour améliorer la gestion des déchets plastiques dans le Conseil Populaire San Isidro, à La Havane Vieille, avec le financement de l'Agence Espagnole de Coopération Internationale pour le Développement (AECID), selon plusieurs médias.

L'initiative, annoncée par le PNUD Cuba sur sa page et son profil sur les réseaux sociaux et relayée par l'Agence Cubaine de Nouvelles, s'intitule « Solutions locales pour la gestion des déchets plastiques dans la zone prioritaire pour la conservation de La Havane » et s'inscrit dans le Programme de Transition Écologique (PROTEC) de l'AECID.

Le projet se développera principalement à San Isidro, décrite comme l'une des zones les plus vulnérables de la capitale en matière de génération de déchets, avec une population de 11 840 personnes.

Parmi les actions prévues figurent le renforcement institutionnel, la promotion d'alliances public-privées, la formation d'acteurs clés et la création d'espaces de participation communautaire. L'initiative intègre, selon le PNUD, « une approche d'équité et d'accessibilité, en veillant aux femmes, aux jeunes et aux personnes en situation de handicap, des secteurs qui font face à de plus grandes barrières pour bénéficier des processus de transition écologique ».

L'objectif déclaré est de construire un modèle réplicable de gestion durable des déchets plastiques dans des environnements urbains patrimoniaux qui, selon ses promoteurs, « contribue à améliorer la qualité de l'environnement, la santé publique et le développement économique local ».

L'annonce survient à un moment où la crise des déchets à La Havane atteint des niveaux critiques. Selon des données officielles citées par le PNUD lui-même, en novembre 2025, 13 101 mètres cubes de déchets solides urbains étaient collectés dans la capitale, une quantité qui ne répond pas aux besoins réels de collecte, affectés par la pénurie de combustibles. La ville génère entre 24 000 et 30 000 mètres cubes de déchets par jour. En février 2026, seuls 44 des 106 camions de collecte disponibles étaient opérationnels, et la capitale dispose à peine de 10 000 conteneurs alors qu'elle en aurait besoin entre 20 000 et 30 000. Dans tout le pays, seulement 40 % des déchets solides sont recyclés, selon les autorités du secteur.

L'accumulation de déchets a eu des conséquences sanitaires directes : des épidémies de dengue et de chikungunya, des incendies de déchets —comme celui enregistré dans le quartier Los Sitios le 17 mai 2026— et la suspension de la collecte à La Havane Vieille pendant dix jours. Le régime a même mobilisé des brigades de jeunes du Service Militaire pour ramasser les déchets dans les rues de la capitale, sans que cela ne résolve le problème de fond.

Depuis novembre 2025, dans le propre Conseil Populaire de San Isidro et dans d'autres quartiers de La Havane Vieille une mesure a été mise en place obligeant les voisins et les commerces à apporter leurs déchets directement au camion de collecte, qui passe à partir de 19h00. Cette disposition a suscité des désagréments et du sarcasme parmi les résidents du quartier.

Le lancement du projet arrive à quelques jours du cinquième anniversaire des protestations du 11 juillet 2021, les plus grandes manifestations antigouvernementales à Cuba depuis 1959, qui se sont étendues à plus de 40 villes du pays. San Isidro est également le quartier qui donne son nom au Mouvement San Isidro (MSI), un collectif artistique dissident qui a été le symbole de ces protestations et du sit-in historique du 27 novembre 2020 devant le Ministère de la Culture.

Le leader du MSI, l'artiste et activiste Luis Manuel Otero Alcántara, a purgé une condamnation injuste de cinq ans de privation de liberté après avoir tenté de se joindre aux manifestations du 11J, et actuellement le régime, qui l'a libéré, le maintient retenu dans un lieu inconnu, présumément en attente des formalités pour être expulsé du pays. 

Le contexte social à Cuba est marqué par un fort mécontentement. Plus de 300 personnes continuent de purger des peines directement liées aux manifestations de 2021, et des organisations de droits de l'homme comptabilisent plus de 1 200 prisonniers politiques sur l'île. Dans les jours précédant l'anniversaire, les cacerolazos et d'autres manifestations dans divers quartiers de La Havane n'ont pas cessé, avec des slogans tels que «¡Abajo la dictadura!».

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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