
Un document interne obtenu par The Washington Examiner révèle que le Réseau National sur Cuba (NNOC, pour son acronyme en anglais) a élaboré un « Plan National de Réponse Rapide » pour mobiliser des manifestations à travers les États-Unis dans un délai maximum de 24 heures si l'armée américaine lance une opération militaire contre Cuba.
Le plan, distribué parmi les sympathisants de l'organisation basée à Washington, vise à ce qu'une éventuelle intervention militaire entraîne un coût politique élevé pour la Maison Blanche.
«L'objectif est qu'il soit coûteux, tant politiquement que matériellement, pour le gouvernement américain de déclarer la guerre à Cuba», indique le document.
Selon le texte, les activistes des principales zones métropolitaines devront créer des « coalitions larges et étendues » pour organiser des manifestations devant des bâtiments fédéraux et d'autres espaces de grande visibilité publique, y compris des stades où se tiennent des événements sportifs de grande envergure.
Dans les villes plus petites, la stratégie prévoit de réaliser un « mappage stratégique » pour identifier les objectifs locaux, distribuer des pancartes et des brochures, et coordonner des campagnes sur les réseaux sociaux à l'aide de matériaux graphiques partagés.
Parmi les lieux identifiés pour les manifestations figurent les tribunaux fédéraux, les bases militaires, les bureaux de recrutement, les agences gouvernementales et les installations du Service de l'immigration et du contrôle des douanes (ICE).
Le document soutient que les manifestations devant les bureaux de l'ICE permettraient de « connecter la solidarité avec Cuba au travail de défense des immigrants et contre l'ICE ».
Elle renvoie également les organisateurs à une carte nationale des installations militaires élaborée par l'organisation Black Alliance for Peace (Alianza Negra por la Paz), afin de faciliter la planification des mobilisations.
La NNOC encourage également ses sympathisants à constituer dès maintenant des équipes de réponse rapide, sans attendre qu'une action militaire se produise.
«C'est une action qui met la classe dirigeante sous pression. Laissez-le public ! Annoncez-le !», affirme le document.
Liens avec des organisations proches du régime cubain
Selon The Washington Examiner, la NNOC entretient des relations avec l'Institut Cubain d'Amitié avec les Peuples (ICAP), un organisme officiel cubain sanjtionné en juin par le Département d'État en vertu de l'Ordre Exécutif 14404.
Le secrétaire d'État, Marco Rubio, a décrit l'ICAP comme un instrument de propagande du régime cubain. Son président, Fernando González Llort, a purgé 15 ans de prison aux États-Unis après avoir été condamné pour espionnage.
Comme partie de cette politique, le 1er juillet dernier, Carlos Antonio Lloga Domínguez, ancien fonctionnaire de l'ICAP, a été arrêté en vue d'une expulsion, ainsi que plusieurs membres de sa famille. En annonçant la mesure, Rubio a averti que toute personne effectuant des transactions avec cette organisation « sera sanctionnée, poursuivie ou expulsée ».
Le reportage ajoute que la NNOC et la Brigade Venceremos prévoient également un voyage d'environ 150 citoyens américains à Cuba en août pour participer à des activités célébrant le centenaire de la naissance de Fidel Castro.
Au milieu d'une tension croissante entre Washington et La Havane
La révélation du document coïncide avec un moment de tension maximale entre les États-Unis et le régime cubain.
Ce même mercredi, CBS News a rapporté que des planificateurs militaires du Pentagone ont étudié différents scénarios pour une éventuelle opération contre Cuba, notamment une attaque aérienne menée par la 101.ª Division Aéroportée. Des fonctionnaires américains interrogés par le réseau ont précisé que ces exercices font partie de la planification militaire habituelle et ne signifient pas qu'il existe une décision d'intervenir militairement.
Interrogé sur le rapport, le porte-parole par intérim du Pentagone, Joel Valdez, a répondu : « Nous ne faisons pas de commentaires sur des opérations militaires hypothétiques ».
Depuis janvier 2026, l'administration du président Donald Trump a considérablement durci sa politique envers La Havane. Washington a imposé plus de 240 sanctions contre des fonctionnaires, des entreprises et des organismes liés au régime cubain, a déposé des charges pénales contre Raúl Castro pour le tir abattu des avionnettes des Hermanos al Rescate en 1996 et a annoncé un programme d'aide de 100 millions de dollars conditionné à la mise en œuvre de réformes politiques.
Malgré ce scénario, le document de la NNOC soutient que la mobilisation doit être maintenue, que l'action militaire se produise ou non.
«Cuba est déjà attaquée. Le blocus est un acte de guerre. Même s'il n'y a pas de troupes au sol demain, nous devons être proactifs», conclut le plan.
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