Le PNUD offre 75 000 $ pour des projets environnementaux à Cuba, mais le régime décide qui peut les recevoir

Basura à CubaPhoto © CiberCuba

Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), à travers son Programme de Petites Dons, a lancé un appel à propositions pour financer des initiatives environnementales à Cuba avec un financement pouvant atteindre 75 000 dollars en équipements et fournitures.

L'objectif est de favoriser la mise en œuvre de projets sur l'île qui génèrent des bénéfices environnementaux et contribuent à améliorer la qualité de vie des communautés par le biais d'actions locales.

Mais l'agence elle-même de l'ONU impose une condition qui fait du régime l'arbitre absolu de l'argent : aucune organisation ne peut accéder directement aux fonds sans l'approbation d'une institution cubaine proche de l'État.

Le critère qui révèle le véritable fonctionnement du programme est explicite : les propositions « doivent avoir l'aval d'une institution cubaine spécialisée dans le domaine, qui sera responsable de présenter le projet auprès du Ministère du Commerce extérieur et de l'Investissement étranger (MINCEX) ».

Cela signifie que le gouvernement agit comme un filtre obligatoire avant que tout argent n'arrive entre les mains de ceux qui travaillent sur le terrain.

En effet, l'appel détaille que des organisations communautaires de base pourront poser leur candidature, y compris des conseils populaires, des coopératives agricoles et non agricoles, ainsi que des "organisations non gouvernementales légalement enregistrées". Cela signifie que les organisations environnementalistes indépendantes ou non affiliées au gouvernement sont de facto exclues.

La convocation, diffusée par Cubadebate, se concentre sur quatre domaines : gestion durable des paysages terrestres, côtiers et marins ; sécurité alimentaire, agriculture et pêche durables ; transition énergétique vers des sources renouvelables, et durabilité environnementale urbaine.

Les candidats devront également déclarer un engagement de cofinancement en pesos cubains pour garantir la mise en œuvre des initiatives.

L'initiative, mise en œuvre par le PNUD à Cuba avec le soutien financier du Fonds pour l'environnement mondial (FMAM/GEF), sera ouverte jusqu'au 18 septembre et les projets sélectionnés auront une durée maximale de deux ans.

La convocation arrive alors que La Havane traverse une crise de déchets sans précédent, avec seulement 44 des 106 camions de collecte opérationnels en raison d'un manque de carburant, laissant entre 13 000 et 23 814 mètres cubes de déchets non collectés chaque jour.

Les voisins brûlent les déchets sur la voie publique, et le Food Monitor Program a déjà signalé une urgence sanitaire qui menace la sécurité alimentaire de la capitale.

Ce n'est pas la première fois que des fonds internationaux destinés à l'environnement cubain se retrouvent canalisés à travers l'appareil d'État.

Le Pays Basque a destiné 250 000 euros en juin 2026 à des projets de durabilité à La Havane, également via le PNUD.

La semaine dernière, le propre PNUD a lancé un projet de gestion des déchets plastiques dans le quartier habanero de San Isidro, réalisé en collaboration avec le Bureau de l'Historien de la Ville.

Le PPD opère à Cuba depuis plus de 20 ans et a soutenu 182 projets à travers le pays. Le Fonds pour l'environnement mondial a investi environ 44 millions de dollars dans 19 projets nationaux depuis 1992 sur l'île, mobilisant près de 240 millions en cofinancement, avec le PNUD en tant que principal canal.

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