
Le Service de citoyenneté et d'immigration des États-Unis (USCIS) a annoncé ce lundi une règle finale provisoire qui transforme le processus de demande d'asile affirmatif.
À partir de maintenant, l'agence pourra transmettre des cas directement aux juges de l'immigration sans avoir besoin d'interviewer d'abord le demandeur.
La mesure, publiée dans le communiqué officiel du Département de la Sécurité intérieure (DHS), entre en vigueur immédiatement.
Comment fonctionnait le système auparavant ?
Le système d'asile aux États-Unis fonctionne selon deux voies distinctes.
Le refuge affirmatif est le processus pour les personnes qui ne sont pas en procédure d'expulsion et soumettent leur demande directement auprès des USCIS.
Le asile défensif, en revanche, correspond à ceux qui font déjà face à des procédures de déportation devant un juge de l'immigration.
Selon le schéma précédent, l'USCIS était obligée d'interviewer le demandeur avant de décider d'approuver le dossier ou de l'envoyer devant un tribunal de l'immigration.
Ce passage intermédiaire fonctionnait, en pratique, comme une seconde chance de révision pour le demandeur.
Que change avec la nouvelle règle ?
La règle finale provisoire supprime cette interview obligatoire : l'USCIS pourra envoyer certains cas de demande d'asile directement au tribunal de l'immigration sans avoir recueilli de déclaration du demandeur.
La norme supprime également les références réglementaires au « droit » du demandeur à un entretien avec un responsable de l'asile, selon un rapport de Bloomberg Law.
Selon les estimations du DHS, environ 444 000 des près de 1,4 million de cas de demande d'asile en attente pourraient être affectés par ce changement.
USCIS acceptera des commentaires publics pendant 60 jours et émettra ensuite une règle finale définitive.
Les raisons avancées par l'administration
Le directeur de l'USCIS, Joseph Edlow, a justifié la mesure par un argument direct :
«Depuis trop longtemps, le système d'asile a été exploité à des fins de retard et d'autorisation de travail, et non pour des demandes légitimes de protection. Le système d'asile des États-Unis existe pour protéger les personnes qui craignent réellement la persécution, et cette règle contribuera à garantir que les ressources soient consacrées à la résolution rapide de ces demandes, plutôt qu'à ceux qui cherchent à utiliser le système comme une échappatoire légale.»
Le conseiller général du DHS, James Percival, était plus emphatique :
«L'une des plus grandes barrières à l'application efficace de la loi sur l'immigration est le retard intentionnel de la part d'étrangers en situation irrégulière et des avocats favorables à des frontières ouvertes qui les représentent. Mon bureau travaille chaque jour avec les services d'immigration du DHS pour améliorer l'efficacité et respecter le mandat du président. Cette règle fera exactement cela.»
Le contexte : Un système au bord de l'effondrement
La mesure arrive à un moment où le système d'asile fait face à une charge sans précédent.
Le total du retard - en additionnant les cas devant l'USCIS et les tribunaux d'immigration - atteignait presque 4 millions de demandes en attente en avril 2026, avec les tribunaux d'immigration enregistrant 3,3 millions de cas actifs en mars de cette année.
Le taux d'approbation des demandes d'asile a chuté depuis le début de l'administration Trump.
Sous l'administration Biden, les juges ont accordé48,1% des demandes au cours de l'exercice fiscal 2023.
Cette chiffre s'est effondré à 8,8 % au cours du premier semestre de l'exercice fiscal 2026, le niveau le plus bas depuis plus d'une décennie.
De plus de 150 500 décisions prises pendant cette période, à peine 5 086 ont abouti à des concessions d'asile, ce qui représente seulement 3,4% du total.
Cette nouvelle règle s'ajoute à une série de mesures qui ont reconfiguré le système migratoire :
-l'imposition d'une redevance annuelle de 102 $ sur les demandes en attente depuis plus d'un an.
- le recrutement de 120 nouveaux juges de l'immigration formés en seulement trois à quatre semaines.
-el décision historique de la Cour Suprême du 25 juin 2026 qui a autorisé le rejet des demandeurs d'asile à la frontière avec le Mexique sans traiter leurs demandes.
Le chercheur Andrew R. Arthur, du Centre pour les Études sur l'Immigration, a prédit que la tendance se poursuivra :
«On peut s'attendre à ce que les refus d'asile augmentent et les concessions diminuent, tant en chiffres réels qu'en pourcentage du total des décisions, du moins tant que Trump sera président.»
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