
L'Assemblée nationale du pouvoir populaire a approuvé ce mercredi une déclaration dans laquelle elle avertit que toute intervention militaire des États-Unis contre Cuba rencontrera une « résistance ferme et inébranlable » et assure que le pays est prêt à défendre sa souveraineté « jusqu'aux dernières conséquences ».
Le communiqué, émis lors de la Septième Période Ordinaire de Sessions de la X Législature, tenue au Palais des Conventions de La Havane, durcit le ton du discours officiel au milieu de la tension croissante entre La Havane et Washington suite au renforcement des sanctions américaines.
Dans le document, daté du 29 juillet 2026, le Parlement soutient qu'une éventuelle action militaire américaine ne parviendrait pas à soumettre le pays.
«Elle se heurtera à la résistance ferme et inflexible du peuple cubain, qui ne cédera pas un pouce de son territoire, ni la plus petite de ses prérogatives souveraines. Cela provoquera des morts et de la destruction, et mènera à un bain de sang, mais elle n'atteindra pas l'objectif de soumettre Cuba à la dictée néocoloniale des États-Unis», indique la déclaration.
Le texte a été présenté lors d'une séance dirigée par Raúl Castro, Miguel Díaz-Canel et le président de l'Assemblée nationale, Esteban Lazo Hernández.
Le message du Parlement a été accompagné par un discours du chancelier Bruno Rodríguez Parrilla, qui a réaffirmé que le régime réagirait militairement s'il estime que le pays est agressé.
«Nous avons le droit et le devoir de rejeter et d'affronter l'agression qui nous punit et nous menace, et nous avons le droit et le devoir suprême de nous défendre, même avec des armes, si nous sommes agressés militairement», a affirmé le ministre des Relations extérieures, selon ce qu'a rapporté le média officiel Cubadebate.
Malgré le ton de l'avertissement, Rodríguez a assuré que La Havane ne cherche pas une confrontation directe avec Washington.
«Cuba n'est pas une menace pour les États-Unis, ni ne souhaite être leur adversaire ou ennemi», a affirmé, tout en réitérant la disposition du régime à maintenir un dialogue basé sur le respect mutuel.
La Havane rend Trump responsable de l’escalade
La déclaration parlementaire attribue l'augmentation des tensions à deux décisions de l'administration du président Donald Trump.
La première correspond à l'ordre exécutif du 29 janvier 2026, par lequel Washington a déclaré une urgence nationale liée à Cuba et a imposé de nouvelles restrictions aux pays qui fournissent du pétrole à l'île. La seconde est l'Ordre Exécutif 14404, signé le 1er mai, qui a élargi les sanctions contre des secteurs stratégiques de l'économie cubaine, parmi lesquels l'énergie, la défense et les finances, en y ajoutant des mesures visant des pays tiers ayant des liens commerciaux avec le régime.
Le document rejette également l'accusation présentée en mai par le Ministère de la Justice des États-Unis contre Raúl Castro pour l'abattage des avions de Hermanos al Rescate en 1996, une action que La Havane a qualifiée de "provocation politique".
Le régime lie les sanctions à la crise interne
Dans sa déclaration, le Parlement soutient que le durcissement des sanctions a aggravé la situation économique et énergétique du pays.
Parmi les conséquences mentionnées figurent les longues coupures de courant enregistrées dans différentes provinces, les plus de 100 000 interventions chirurgicales en attente, ainsi que la pénurie de médicaments essentiels, des chiffres que Miguel Díaz-Canel lui-même a cités lors de son discours du 26 juillet dernier.
Cependant, des économistes et des analystes indépendants estiment que la crise actuelle résulte également de problèmes structurels accumulés au fil des décennies, tels que la faible productivité, le manque d'investissement et le modèle de planification centralisée, en plus de l'impact des sanctions américaines.
Appel à la communauté internationale
La Assemblée nationale a également soutenu les déclarations de Díaz-Canel, qui le 26 juillet dernier a qualifié la politique de Washington de « génocide froidement calculé », et a appelé les parlements du monde entier à rejeter toute éventuelle intervention militaire contre Cuba.
Le document souligne également qu'au cours de la session du 7 juillet, l'Assemblée générale des Nations Unies a approuvé, avec le soutien de 136 pays, la tenue d'un débat sur les conséquences de l'embargo et la situation à Cuba, une initiative promue par le gouvernement cubain.
Pour sa part, Bruno Rodríguez a insisté sur le fait que, selon le régime, la politique américaine vise à accroître la pression sur la population cubaine.
«La véritable intention et la réelle inclination du gouvernement des États-Unis ne se manifestent pas par le dialogue ou la diplomatie, ni non plus par l’offre d’aide, mais par la coercition et l’effort de provoquer le plus grand châtiment possible du peuple cubain afin d’obtenir sa reddition», a-t-il affirmé.
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