Marrero avertit que Cuba entre dans « la phase la plus importante et peut-être la plus difficile » de ses réformes économiques

Manuel Marrero CruzFoto © Facebook/Gobierno Cuba.

Le premier ministre cubain, Manuel Marrero Cruz, a reconnu ce mercredi que la phase la plus complexe du paquet de réformes économiques impulsé par le régime ne fait que commencer, en admettant que le principal défi n'est plus d'approuver de nouvelles mesures, mais de veiller à leur application et à la production de résultats au milieu de la profonde crise que traverse le pays.

Lors de sa comparution devant l'Assemblée nationale du Pouvoir populaire, Marrero a présenté un bilan des transformations économiques approuvées au cours des dernières semaines et a assuré que le gouvernement entre maintenant dans une phase décisive.

«À partir de maintenant, commence la phase la plus importante et peut-être la plus difficile», a-t-il affirmé, selon ce qu'a rapporté le média officiel Cubadebate.

Le chef du gouvernement a insisté sur le fait que le succès du processus dépendra de la capacité à mettre en œuvre les mesures, à évaluer leurs résultats et à corriger les déficiences qui pourraient surgir au cours de leur exécution.

Selon Marrero, sur les 121 mesures programmées pour juin et juillet, 110 ont déjà été approuvées, ce qui représente 90,9 % du plan prévu. Cinq autres sont en cours d'exécution partielle et le reste sera soumis à approbation avant la fin de la semaine.

Néanmoins, le premier ministre lui-même a reconnu que le véritable défi sera de transformer ces décisions en changements concrets.

«Le plus important est que nous avons déjà approuvé 110 transformations, et c'est à nous de les mettre en œuvre», a-t-il souligné.

L'affirmation laisse entrevoir l'une des principales difficultés auxquelles les réformes économiques à Cuba ont historiquement été confrontées : la distance entre les normes adoptées et leur application effective.

Plus d'autonomie pour les entreprises d'État

Parmi les mesures emblématiques se trouve un nouveau décret-loi qui élargit les compétences des entreprises d'État.

À partir de cette réglementation, les entités pourront établir leurs propres systèmes de rémunération, fixer les prix et les tarifs, réaliser des investissements financiers et décider de la cessation du lien de travail de leurs employés.

Marrero a qualifié cette modification comme la transformation la plus importante en matière salariale de ces dernières années.

Changements pour les mipymes

Dans le secteur privé, le gouvernement a annoncé que plus de 15 000 mipymes et coopératives non agricoles sont déjà en activité.

De plus, depuis mardi, le Décret 160 est entré en vigueur, éliminant 46 interdictions pour les acteurs économiques non étatiques et assouplissant partiellement 36 autres. La nouvelle réglementation remplace le Décret 107 de 2024, qui restreignait 125 activités économiques.

Malgré la flexibilisation, le régime maintient 79 activités interdites, ce qui montre que l'ouverture au secteur privé reste limitée.

Le tourisme et les coupures de courant reflètent la profondeur de la crise

Lors de son intervention, Marrero a également reconnu la détérioration que traverse l'un des secteurs stratégiques de l'économie cubaine.

Le Premier ministre a informé que 73 % des établissements hôteliers restent fermés, une situation qui laisse environ 25 000 travailleurs en état de disponibilité professionnelle.

À cela s'ajoute le départ de sept chaînes hôtelières internationales de l'île, parmi lesquelles Meliá, Iberostar et Barceló, qui géraient près de 46 % des chambres opérées selon ce modèle, selon des données divulguées par l'agence EFE.

Concernant la crise énergétique, Marrero a admis que les coupures prolongées d'électricité demeurent l'un des plus grands problèmes pour la population, bien qu'il ait assuré que 1 464 MW de production provenant de sources renouvelables ont déjà été ajoutés, ce qui équivaut à 13,8 % de la capacité électrique nationale.

Dans le cadre de la restructuration de l'État, le gouvernement a annoncé l'élimination de plus de 92 000 postes dans les ministères de la Santé publique, de l'Éducation, de la Culture et des Sports.

Selon Marrero, la réduction concerne principalement les postes administratifs qui restaient vacants, tandis que le reste des organismes étatiques devra compléter ce processus avant septembre.

Les doutes persistent quant à l'ampleur des réformes

Les mesures sont annoncées dans un contexte économique particulièrement défavorable pour l'île.

La Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPAL) prévoit une contraction de 6,5 % du Produit Intérieur Brut (PIB) cubain en 2026, tandis que divers économistes estiment que les réformes arrivent avec du retard et sans s'attaquer aux problèmes structurels de l'économie.

L'économiste Mauricio de Miranda Parrondo a averti que le processus pourrait aboutir à un capitalisme autoritaire contrôlé par le Parti communiste, sans transformations politiques permettant un véritable changement institutionnel ou une amélioration substantielle des conditions de vie de la population.

En concluant son intervention, Marrero a recouru à des citations de Fidel Castro et de Raúl Castro pour insister sur le fait que les mesures ne représentent pas un abandon du modèle socialiste.

«Il ne s'agit pas d'un tournant vers le capitalisme, mais d'une mise à jour du modèle socialiste», a-t-il affirmé, en assurant que le processus nécessite «courage, intelligence, réalisme et la participation de tout le peuple».

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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