Ulises Toirac s'attaque à ETECSA : il exige d'investir les bénéfices ou d'ouvrir la voie à Starlink

Ulises Toirac/EtecsaFoto © Collage de Facebook/Ulises Toirac/Etecsa

Le humoriste et acteur Ulises Toirac a publié ce mercredi une lettre ouverte au ton sarcastique adressée à ETECSA, le monopole d'État des télécommunications, dans laquelle il exige que cette dernière réinvestisse les millions de bénéfices accumulés après la hausse des tarifs de 2025 ou, à défaut, qu'elle autorise l'entrée de Starlink à Cuba.

Dans le texte publié sur son profil Facebook, daté ironiquement comme « Année de la déstabilisation décisive », Toirac s'attaque directement à l'argent envoyé par la diaspora cubaine pour soutenir les comptes de leurs proches sur l'île : « Tu contribues à la colère populaire, réfléchis-y : Si tu fonctionnais comme il se doit, en investissant toute la magua que t'ont versée les Cubains vivant à l'étranger et qui maintiennent les comptes des mourants (c'est-à-dire nous)... tout cet argent que tu as encaissé après l'augmentation des tarifs ».

L'humoriste établit un parallèle avec l'Union Électrique (UNE), qui, après avoir reconnu son incapacité à garantir l'approvisionnement électrique, a finalement levé l'interdiction d'importer des panneaux solaires photovoltaïques.

«Entrégate, comme la UNE, qui a dit : 'Je ne peux pas, je ne sers à rien pour donner du courant, faites-le vous-mêmes', et a désapprouvé les centrales photovoltaïques QUI ÉTAIENT INTERDITES (je ne sais pas si tu te souviens qu'on ne pouvait pas y accéder et ce n'était pas à cause du blocus)... Laisse les gens acheter leur Starlink, et enlève ce discours de dessus », écrit Toirac.

La proposition a un arrière-plan politique évident : si ETECSA ne peut pas offrir un service de qualité, qu'elle cède la place à des alternatives privées, tout comme l'a fait la UNE avec l'énergie solaire.

Toirac remet également en question le fait que l'entreprise ne maintienne même pas les avantages pour ses propres employés : « !Tu ne fournis même pas un bon service de téléphonie normale ! », et conclut par une exigence directe concernant les investissements en attente : « !Bon sang, alors dépêche-toi de sortir l'argent ! Tu n'as pas besoin de le prendre d'une autre entreprise comme le font les autres... !si tu l'as... !Ajoute des équipements aux antennes, augmente les capacités réelles. Investis, parce qu'avec une simple menace, on ne gagne pas sa vie, ma chérie ! »

La critique arrive avec des chiffres qui la soutiennent. Au cours des 46 premiers jours suivant l'augmentation des tarifs de mai 2025, ETECSA a récolté plus de 24,8 millions de dollars —environ 540 000 dollars par jour, selon les informations fournies par le Premier ministre Manuel Marrero. Cependant, le service ne s'est pas amélioré : Cuba a enregistré en mai 2026 seulement 7,21 Mbps dans l'indice mondial de vitesse de Speedtest, parmi les plus bas de la région.

La infrastructure ne supporte pas non plus les coupures de courant. Le réseau mobile s'éteint aussi car les batteries de secours des tours ne fonctionnent que quelques heures pendant les coupures électriques. Après la coupure totale de mars 2026, le trafic Internet a chuté de 65 % et a mis 29 heures à être rétabli.

Starlink, de son côté, reste interdit à Cuba. Le régime le considère illégal sans autorisation du Ministère des Communications, et les douanes cubaines ont de nouveau saisi des équipements Starlink à l'aéroport en juin dernier. De nouvelles réglementations approuvées en 2026 ont renforcé cette interdiction.

La publication est accompagnée d'une photographie qui résume la paradoxie : un bâtiment habanero en ruines, avec la peinture écaillée et un étendoir à linge, où se distingue sur le balcon une antenne Starlink à côté d'une pancarte artisanale « À louer chambre ».

Ce n'est pas la première fois que Toirac s'attaque à ETECSA. En juillet dernier, il avait déjà exigé des explications sur la destination de l'argent récolté, et en juin il a publiquement demandé où se trouvait l'argent du tarifazo. L'entreprise d'État, jusqu'à présent, n'a répondu à aucune de ces interpellations.

Vidéos associées :

Archivé dans :

Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.