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L'humoriste et acteur cubain Ulises Toirac a de nouveau critiqué ETECSA ce dimanche avec une nouvelle critique ironique publiée sur son profil Facebook, dans laquelle il s'est demandé pourquoi l'entreprise d'État de télécommunications n'avait pas investi dans des batteries de secours pour ses tours, malgré les millions de dollars récoltés suite à l'augmentation controversée des tarifs de mai 2025.
Dans sa publication du dimanche 12 juillet, Toirac a écrit en argot cubain : «#ETECSA ma chérie!!! Avec tout le baro que tu as récupéré après l'augmentation des tarifs pour redresser ceux qui te volaient —baro en anglais américain frais et éclatant— et tu ne mets pas de batteries dans tes tours? Chérie, pour ta láif, ça se voit...! Tu ne fournis même pas de service, jone, cœur! Où est tout ce désastre, ma chérie?»
Le message arrive au milieu d'une crise énergétique sans précédent à Cuba. Le 10 juillet, le quatrième black-out total de l'année a eu lieu, avec seulement 935 MW disponibles face à une demande de 3 100 MW. Deux jours auparavant, le Système Electroénergétique National avait enregistré un dévissage historique de 2 341 MW, touchant 73 % de la population.
Dans ce contexte, les tours d'ETECSA —sans batteries de secours suffisantes, comme l'a admis un dirigeant de l'entreprise en juin 2026— restent hors service pendant les coupures de courant, laissant incomuniqués les mêmes utilisateurs qui paient en dollars. Dans des provinces comme Matanzas, les coupures d'électricité ont atteint 87 heures consécutives en juillet ; à La Havane, la moyenne tourne autour de 15 heures par jour.
La contradiction signalée par Toirac repose sur des chiffres concrets. Après le tarifazo mis en œuvre le 30 mai 2025, qui a multiplié par 13 le coût de l'internet mobile, ETECSA est passée de 10 000 dollars de recettes quotidiennes à 540 000 dollars quotidiens, accumulant 24,8 millions de dollars en seulement 46 jours, selon des données reconnues par le Premier ministre Manuel Marrero.
Malgré cette collecte extraordinaire, la qualité du service ne s'est pas améliorée. Cuba maintient une vitesse moyenne d'internet de seulement 3,84 Mbps, l'une des plus basses de la région, et occupe le 153e rang mondial dans l'indice Speedtest pour la bande passante fixe.
Ce n'est pas la première fois que Toirac exige des comptes publics sur cet argent. En juin 2026, il avait déjà demandé ouvertement où se trouvait l'argent récolté grâce à l'augmentation des tarifs, sans obtenir de réponse officielle. Son activisme critique lui a valu en juin 2025 une convocation de la Sécurité de l'État, dont les agents lui ont averti que « semble-t-il, ils n'apprécient pas » ses déclarations sur l'entreprise.
ETECSA avait justifié l'augmentation des tarifs en soutenant qu'elle ne disposait pas de devises pour moderniser son infrastructure. Cependant, l'entreprise a reconnu en avril 2025 qu'elle manquait de fonds pour cette modernisation, et le régime a étendu son monopole jusqu'en 2036, avec possibilité de le prolonger jusqu'en 2066.
La question de Toirac —où est passée toute cette collecte de fonds— reste sans réponse officielle alors que les Cubains paient des tarifs en dollars et se retrouvent sans signal chaque fois qu'il y a une coupure de courant.
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