
Le président des États-Unis, Donald Trump, a signé ce jeudi deux nouvelles ordonnances exécutives visant à restreindre la citoyenneté par naissance dans certains cas et à renforcer les mesures contre ce qu'on appelle le tourisme de maternité, a rapporté la Maison Blanche dans une fiche d'information officielle.
Les dispositions arrivent un peu plus d'un mois après que la Cour Suprême ait bloqué la tentative précédente de l'administration d'éliminer la citoyenneté automatique pour les enfants des immigrants sans papiers et des visiteurs temporaires nés sur le sol américain.
Le 30 juin dernier, la Cour suprême a bloqué l'ordre exécutif que Trump avait signé le 20 janvier 2025 pour limiter la citoyenneté automatique par naissance. Le président a qualifié par la suite cette décision de "très malheureuse" et son administration a annoncé qu'elle chercherait d'autres voies légales pour faire avancer cette politique.
La première identifie plusieurs catégories de personnes dont les enfants, selon l'interprétation du gouvernement, n'auraient pas droit à la citoyenneté américaine par naissance. Parmi celles-ci figurent les enfants de membres d'organisations terroristes désignées, de fonctionnaires de gouvernements étrangers bénéficiant d'une immunité diplomatique, de personnes ayant recours à des schémas commerciaux ou frauduleux de tourisme de maternité, et de ceux qui naissent sur des territoires où le Congrès n'a pas accordé la citoyenneté par la loi.
La deuxième ordonnance instruisait le secrétaire d'État et le secrétaire à la Sécurité nationale à renforcer les actions destinées à éliminer le tourisme de maternité. Cette mesure prévoit de refuser des visas ou d'empêcher l'entrée de citoyens étrangers qui se rendent aux États-Unis dans le but principal d'accoucher afin que leurs enfants obtiennent la nationalité américaine.
Dans son explication officielle, la Maison Blanche a affirmé que les mesures visent à « protéger l'intégrité du système migratoire américain » en empêchant l'entrée de personnes qui, selon le gouvernement, ont recours à des organisations spécialisées pour contourner les lois sur l'immigration par le biais du tourisme de maternité.
Les nouvelles ordonnances représentent une nouvelle tentative de Trump pour limiter l'étendue de la citoyenneté par naissance, l'un des principaux axes de sa politique migratoire.
Après la décision de la Cour suprême en juin, le président a réagi avec fermeté. Le 1er juillet, il a écrit un message ironique sur Truth Social dans lequel il a déclaré : « J'aimerais féliciter le président Xi et le grand pays de Chine pour leur immense victoire en matière de citoyenneté par droit de naissance ! ».
Par la suite, il a demandé au Congrès d'approuver une loi abolissant ce droit et a annoncé qu'il demanderait au propre tribunal de revoir à nouveau la décision.
Les nouvelles mesures pourraient ouvrir un autre front judiciaire concernant la citoyenneté par naissance. Selon Fox News, lorsqu'on lui a demandé ce jeudi si les ordonnances résisteraient à d'éventuels recours, Trump a répondu : « Je le pense ». Pour sa part, Will Scharf, secrétaire de cabinet de la Maison Blanche, a soutenu que l'administration recourt à des mécanismes « légalement validés » qui, selon lui, ne contredisent pas le jugement de la Cour Suprême.
Dans le cas des Cubains, l'impact immédiat des nouvelles mesures serait réduit. Cuba ne fait pas partie du Programme d'Exemption de Visas des États-Unis et, de plus, les visas de tourisme pour les citoyens cubains restent suspendus en vertu d'une proclamation présidentielle en vigueur, une situation qui compliquait déjà en pratique les voyages à des fins de tourisme de maternité depuis l'île.
Vidéos associées :
Archivé dans :