
Le régime cubain semble être en train de promouvoir Óscar Pérez-Oliva Fraga comme successeur potentiel au sein de sa structure de pouvoir, selon ce que a révélé ce vendredi The New York Times, à un moment où l'administration de Donald Trump cherche à identifier des figures capables d'assumer des responsabilités gouvernementales dans un éventuel scénario de transition sur l'île.
L'affirmation du quotidien américain prend une importance particulière en raison de l'ascension vertigineuse qu'a connue Pérez-Oliva ces derniers mois et de l'exposition publique croissante qu'il a reçue à l'intérieur de Cuba.
Selon le Times, Pérez-Oliva, le petit-neveu du dictateur Fidel Castro, est récemment apparu plus fréquemment à la télévision d'État et dans des déclarations gouvernementales, et a même accordé une interview inhabituelle à des médias internationaux.
Le journal interprète ces signes comme des indications que le gouvernement cubain serait en train de le soutenir comme un possible successeur.
Mais il existe un obstacle fondamental à toute tentative de le présenter comme une figure capable de mener une transition négociée avec Washington.
L'New York Times affirme que Pérez-Oliva serait « quasiment certainement inacceptable pour les États-Unis ».
Le protagonisme de Pérez-Oliva n'est pas passé inaperçu.
CiberCuba a suivi au cours des derniers mois son ascension rapide au sein de la structure gouvernementale et les signes qui indiquaient une promotion politique soigneusement élaborée.
Son parcours récent a particulièrement attiré l'attention car il combine des liens familiaux avec l'élite historique du castrisme, une expérience au sein de l'appareil économique et une image publique que le régime a essayé de projeter comme étant plus technique et novatrice que celle d'une bonne partie de la vieille garde.
Sa visibilité croissante avait alimenté des interrogations sur la possibilité que le régime cherche à construire autour de lui une figure capable de représenter le renouveau sans rompre avec le système.
La nouvelle information du Times fait avancer cette hypothèse d'un pas en affirmant directement que le gouvernement cubain « semble soutenir » Pérez-Oliva en tant que potentiel successeur.
L'ascension de Pérez-Oliva se produit également à un moment particulièrement délicat pour la succession politique cubaine.
Raúl Castro conserve une énorme influence politique malgré le fait de ne pas occuper formellement la présidence, tandis que Miguel Díaz-Canel dirige une structure soumise à une profonde crise économique, énergétique et sociale.
À cela s'ajoute la pression croissante des États-Unis et la nécessité pour le régime lui-même de garantir la continuité du système lorsque disparaîtra définitivement la génération historique qui a construit et contrôlé ses principales institutions.
Dans ce contexte, une figure relativement jeune, avec une expérience gouvernementale et des liens familiaux avec les Castro pourrait offrir au régime une combinaison attrayante : renouvellement générationnel sans rupture avec la continuité historique du pouvoir.
Mais précisément, cette continuité pourrait représenter un problème pour Washington.
La recherche du New York Times révèle que l'administration Trump cherche quelque chose de différent.
Washington aurait demandé à ses agences de renseignement d'identifier des fonctionnaires actuels ou anciens du régime cubain qui pourraient devenir des interlocuteurs pragmatiques et assumer des responsabilités de pouvoir si la pression américaine provoque une reconfiguration de l'élite.
Le modèle que certains fonctionnaires ont en tête est celui de Delcy Rodríguez au Venezuela.
Après la capture de Nicolás Maduro en janvier, Rodríguez a assumé la présidence par intérim et a été considérée par des responsables américains comme une figure pragmatique capable de faire fonctionner l'appareil d'État tout en collaborant avec Washington.
Trump serait à la recherche à Cuba de quelqu'un capable d'assumer une fonction similaire. Cependant, le candidat qu'il tente apparemment de positionner à La Havane ne serait pas celui souhaité par Washington.
Le Times n'explique pas les raisons spécifiques pour lesquelles Pérez-Oliva serait inacceptable pour les États-Unis ni n'identifie les fonctionnaires qui soutiennent cette évaluation.
L'information fait partie d'une enquête principalement basée sur des fonctionnaires américains actuels et anciens, ainsi que sur des personnes ayant des connaissances en matière d'évaluations du renseignement, dont les identités n'ont pas été révélées.
La situation soulève une question beaucoup plus profonde qu'un simple différend autour d'un nom.
La Havane et Washington pourraient être à la recherche simultanément d'une figure pour le scénario postérieur à l'actuelle direction, mais avec des critères très différents.
Pour le régime cubain, l'objectif principal serait de préserver la continuité du système et d'éviter qu'une succession ne provoque une perte du contrôle politique.
Pour les États-Unis, selon le scénario décrit par le Times, la priorité serait de trouver au sein des structures existantes quelqu'un de suffisamment pragmatique pour accepter des transformations profondes et travailler avec Washington.
Dans cette quête américaine, d'autres noms surprenants ont émergé.
L'Times affirme que l'administration Trump pourrait être ouverte à Raúl Guillermo Rodríguez Castro, « Le Cangrejo », petit-fils de Raúl Castro, tandis que l'actuel ministre de l'Intérieur, Lázaro Alberto Álvarez Casas, pourrait également être accepté par des fonctionnaires américains.
L'incertitude réside dans le fait de savoir si ce projet de succession peut prospérer dans un contexte où les États-Unis cherchent à exercer une influence décisive sur le cours de toute transition.
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