Bruno Rodríguez sort en défense de «El Cangrejo» après les révélations explosives du New York Times

Bruno Rodríguez Parrilla (I) et Raúl Guillermo Rodríguez Castro « El Cangrejo » (D)Photo © Collage Cubadebate et capture vidéo / The National

Le ministre des Affaires étrangères cubain Bruno Rodríguez a rejeté ce mercredi les révélations explosives qui lient Raúl Guillermo Rodríguez Castro, connu sous le nom de « El Cangrejo » et petit-fils de Raúl Castro, à un réseau criminel transnational enquêté par le FBI, et a nié toute participation du gouvernement cubain dans des opérations de trafic de personnes.

Bien qu'il n'ait pas mentionné directement le petit-fils de l'ancien gouvernant, sa déclaration implique une défense de la position officielle de La Havane face aux accusations.

Rodríguez a qualifié dans un message publié sur X le reportage de The New York Times de «nouvelle fabrication calomnieuse» contre Cuba et a accusé le quotidien américain d’agir « en conformité avec un service au gouvernement des États-Unis ».

«Il n'existe aucun lien ou aucune participation du gouvernement cubain dans des opérations de trafic de personnes en Amérique centrale ou au Mexique», a déclaré le ministre des Affaires étrangères.

La réponse arrive après qu'une enquête de The New York Times ait établi un lien entre « El Cangrejo » et une organisation criminelle étudiée par le FBI, ayant opéré pendant des années entre Cuba, le Mexique et la Floride, et s'étant consacrée, entre autres activités, au trafic de migrants cubains et à la contrebande.

Le reportage s'appuie, entre autres éléments, sur les déclarations de deux hommes condamnés pour leur participation à la soi-disant « Mafia Cubana en Quintana Roo ».

Un de eux, José Miguel González Vidal, a affirmé devant les autorités américaines que Rodríguez aurait collaboré avec l'organisation et reçu des pots-de-vin en échange de la facilitation de ses opérations à Cuba.

Selon ce témoignage, « El Cangrejo » aurait reçu une barque de haute performance Fountain 38, une montre Rolex, une motocyclette Suzuki et des vêtements Louis Vuitton.

Sa présumée fonction aurait été d'aider à tenir éloignés la Garde côtière et la Douane cubaines afin de permettre le mouvement des personnes et des marchandises.

Le journal a également indiqué que des chercheurs avaient obtenu des messages texto et vocaux provenant des téléphones des membres du réseau, ce qui corroborerait une partie des témoignages.

Rodríguez Castro n'a pas été formellement accusé de quelconque délit aux États-Unis et il n'est pas clair non plus s'il figure actuellement comme cible de l'enquête fédérale, qui demeure ouverte.

La réseau criminel décrit dans l'enquête a opéré pendant plus d'une décennie et aurait utilisé des embarcations volées en Floride pour déplacer clandestinement des Cubains vers le Mexique.

Les trafiquants demandaient environ 10 000 dollars par personne et certains migrants qui ne pouvaient pas payer ont été retenus, frappés et soumis à des décharges électriques, selon les témoignages judiciaires cités dans l'enquête. Au moins 21 personnes ont été condamnées.

Face à ces révélations, Bruno Rodríguez a soutenu que c'est précisément Cuba qui a alerté les États-Unis sur les réseaux dédiés au trafic de migrants.

Selon le chancelier, des délégations cubaines ont soulevé à plusieurs reprises la question lors des conversations migratoires bilatérales tenues entre 2022 et 2024, avec la participation de fonctionnaires des départements d'État et de la Sécurité nationale.

Rodríguez a assuré que Cuba avait alors averti de «une ou plusieurs opérations de trafic de Cubains vers les États-Unis» dont le centre coordonnateur se trouvait dans le sud de la Floride.

«Il a été recommandé à plusieurs reprises aux autorités de ce pays d'enquêter sur les faits, mais elles n'ont jamais fourni de réponse», a-t-il affirmé. Cette version a été présentée par le ministre comme un argument pour rejeter toute responsabilité du gouvernement cubain.

La réaction de La Havane s'ajoute à la position adoptée par le Mexique. Le Cabinet de Sécurité mexicain a assuré ne disposer d'aucune « information ni preuve propre » concernant les révélations liées à l'organisation criminelle et à ses présumés liens avec des fonctionnaires étrangers ou leurs familles.

Le communiqué mexicain a évité de mentionner directement « El Cangrejo » et a affirmé que les autorités de ce pays ne disposent pas de données propres permettant de corroborer les allégations publiées.

Le Mexique a néanmoins réaffirmé son engagement en faveur de la coopération internationale contre la criminalité organisée et le trafic de personnes.

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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