
Le ministre cubain Bruno Rodríguez Parrilla a profité de ce vendredi, Journée Internationale de Commémoration et d'Hommage aux Victimes du Terrorisme, pour publier un message sur X dans lequel il présente Cuba comme victime du terrorisme et condamne « toutes ses formes et manifestations », dans une déclaration qui contraste ouvertement avec le statut du régime cubain en tant qu'État sponsor du terrorisme selon le Département d'État des États-Unis.
Dans sa publication, Rodríguez a affirmé que Cuba « a été victime d'un terrorisme organisé, financé et entraîné sur le territoire des États-Unis » et a rendu hommage aux chiffres officiels du régime : 3 478 victimes mortelles et 2 099 mutilés attribués à des actes terroristes contre le peuple cubain, des données qui ne font pas l'objet d'une vérification indépendante.
La déclaration arrive à un moment où La Havane maintient sa place sur la liste noire du Département d'État, où elle figure comme un sponsor du terrorisme depuis que l'administration Trump a rétabli cette désignation en janvier 2025, seulement quelques jours après que l'administration Biden l'ait retirée.
En juin de cette année, le secrétaire d'État Marco Rubio a affirmé devant le Sénat que Cuba « a sponsorisé le terrorisme » et a soutenu « pratiquement tous les groupes terroristes violents de gauche » dans l'hémisphère occidental, mentionnant explicitement l'ELN et les FARC.
Un mois plus tard, en juillet, le Département d'État a publié un rapport qui accusait le régime d'être « la capitale du terrorisme du XXIe siècle », selon la couverture médiatique du document.
Parmi les arguments qui soutiennent cette désignation, Washington souligne que Cuba a fourni refuge depuis 1984 à Joanne Chesimard —également connue sous le nom d'Assata Shakur—, condamnée pour le meurtre du policier Werner Foerster dans le New Jersey, ainsi qu'à William Morales, fabricant de bombes du groupe armé FALN lié à des attentats à New York.
En mai 2025, Rubio a indiqué que le Département d'État avait identifié 11 fugitifs recherchés par la justice américaine qui se trouvaient hébergés sur l'île.
Des câbles diplomatiques filtrés par WikiLeaks en 2010 ont également documenté que Cuba permettait à des membres de l'ETA, des FARC et de l'ELN de « se reposer » et de recevoir des soins médicaux sur son territoire.
Rodríguez lui-même a répondu à plusieurs reprises à ces accusations.
En juin, qualifia de «farse» les accusations contre Raúl Castro liées à l'abattage de deux petits avions de Hermanos al Rescate en 1996, où quatre personnes ont perdu la vie.
En juillet, il a répondu à Rubio en l’accusant de vouloir « réinstaurer » une politique agressive contre Cuba.
La dualité est difficile à ignorer : le même gouvernement qui ce vendredi se déclare victime du terrorisme est celui que Washington accuse d'héberger des terroristes condamnés, de soutenir des groupes armés et de figurer, selon un rapport officiel américain de juillet 2026, comme la principale capitale du terrorisme au siècle actuel.
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