
Le Groupe d'Agrométéorologie du Département de Météorologie Appliquée, rattaché au Centre Météorologique de Camagüey, a qualifié de "complexe" la situation de sécheresse météorologique dans la province, où l'absence prolongée de pluies et l'augmentation des températures ont provoqué une baisse notable des réserves d'humidité dans les sols durant les 20 premiers jours d'août.
"La note la plus récente sur ce sujet, partagée sur les profils et groupes de réseaux sociaux de l'institution, indique qu'en juillet, 100 % de la région a présenté un déficit dans l'accumulation des précipitations, classé dans la catégorie sévère-extreme", a souligné ce samedi un rapport du journal officiel Adelante.
Beatriz Martínez Pérez, directrice du Centre météorologique de Camagüey, a précisé qu'entre mai et juillet, 100 % des zones connaissant un déficit de pluie ont été observées ; seulement 0,2 % correspondaient à une sécheresse modérée, tandis que 99,8 % étaient classées dans la catégorie sévère-extreme.
Le panorama à long terme est tout aussi alarmant. Entre août 2025 et juillet 2026, la sécheresse a touché 88,2 % de la superficie géographique de la province : 27,6 % a été considérée comme faible, 23,0 % comme modérée et 37,6 % comme sévère à extrême.
"Ce qui démontre comment les accumulations insuffisantes de pluie ont entraîné l'expansion progressive des phénomènes de sécheresse", a souligné Martínez.
La spécialiste en météorologie Ibriany Arredondo Arencibia a averti que l'indice de disponibilité d'eau est "insuffisant", ce qui compromet sérieusement les travaux de semis et le bien-être du bétail.
Les experts ont également averti d'un danger imminent d'incendies de forêt, en particulier dans les zones du nord de la région, où la sécheresse atteint son intensité maximale.
Face à la situation, les spécialistes du Centre Météorologique de Camagüey exhortent les autorités et les producteurs à optimiser les ressources en eau disponibles, avec la prévision que la pénurie persistera dans les semaines à venir.
La crise de l'eau dans la ville de Camagüey s'est encore aggravée après une grave panne à la station de pompage du barrage d'Amitié Cubano-Bulgare, principale source d'approvisionnement urbain, qui a réduit l'approvisionnement en eau pour la population et dont les conséquences se sont étendues jusqu'en juillet.
En juin, les autorités ont demandé aux Camagüeyanos de faire bouillir l'eau en raison de la pénurie de fournitures de base pour la rendre potable.
Jusqu'en mars, la sécheresse touchait 62 % du territoire cubain et les réserves d'eau étaient à 38 % de leur capacité, le niveau le plus bas depuis 2015. Près de 2,7 millions de Cubains n'avaient pas accès régulier à l'eau potable en mai.
Le contexte climatique mondial aggrave les prévisions. L'Organisation Météorologique Mondiale estime qu'il y a plus de 90 % de chances que le phénomène El Niño reste actif jusqu'en novembre, ce qui, selon le chercheur Luis Lecha Estela de l'Institut de Météorologie de Cuba, "pourrait favoriser des conditions de sécheresse météorologique et de stress hydrique dans le pays, avec des étés plus chauds que la normale".
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