Le régime cubain promeut le mouvement « Mon Quartier pour la Patrie » comme une initiative de transformation communautaire, dans une nouvelle tentative de surveillance et de contrôle social visant à récupérer la présence politique que les Comités de Défense de la Révolution (CDR) ont perdue dans les quartiers du pays.
Le canal d'État Canal Caribe a diffusé un reportage sur la mise en œuvre du mouvement dans la communauté La Asunción, dans le Conseil Populaire Nord de San José de las Lajas, chef-lieu provincial de Mayabeque, la présentant comme un exemple à suivre dans tout le pays.
Selon le média officiel, le mouvement — approuvé par le Conseil d'État en mars 2026 avec la participation de Miguel Díaz-Canel et du Premier ministre Manuel Marrero Cruz — s'articule autour de trois axes : Quartier Sûr, Quartier Participatif et Quartier Productif.
Le front de sécurité inclut la surveillance de quartier et la coordination avec les CDR et la Fédération des Femmes Cubaines (FMC). Le volet participatif couvre le soutien aux délégués du Pouvoir Populaire, l'hygiène des communautés et les brigades sanitaires. Le volet productif encourage la culture des aliments dans les jardins et les parcelles grâce au travail volontaire.
En La Asunción, le reportage souligne que la communauté dispose de 22 patios productifs, dont quatre ont été déclarés référence nationale par les propres CDR. Un délégué du Conseil Populaire a affirmé que l'objectif est clair : « C'est une unité du quartier pour que chacun puisse transformer la communauté, qui est le but de ce mouvement populaire ».
La production alimentaire, selon un voisin interrogé par Canal Caribe, a été destinée à des familles en situation de vulnérabilité : « Ici dans la communauté, nous avons eu plusieurs productions alimentaires que nous avons aidé les mères vulnérables ».
Le mouvement mobilise également des jeunes à travers le Réseau Juvenil Communautaire, qui a organisé une quinzaine de collectifs de quartier, ainsi que des rencontres sportives, des matchs de ballon, de football et des campings nocturnes pendant l'été.
Cependant, le contexte dans lequel cette initiative émerge révèle ses véritables motivations. Les CDR, fondés en 1960 en tant que bras de surveillance du régime, ont reconnu en avril 2025 un grave « déficit de cadres » en raison du vieillissement de leurs membres et du désintérêt des nouvelles générations.
Le coordinateur national des CDR, Gerardo Hernández, a appelé à « revitaliser » l'organisation face au déclin évident de sa capacité de mobilisation, sans que l'aucun des efforts précédents ait produit des résultats durables.
Les analystes et les médias indépendants interprètent « Mi Barrio por la Patria » comme un « CDR renforcé » avec une nouvelle dénomination, conçu pour restaurer le contrôle communautaire là où les structures traditionnelles ont perdu de l'influence, au milieu d'une crise économique qui projette une contraction du PIB pouvant atteindre 7,2 % en 2026.
Le mouvement se projette sur plus de 12 000 circonscriptions à travers le pays et a été présenté officiellement le 8 mai 2026 au Capitole national de La Havane. Le Conseil d'État a de nouveau évalué sa mise en œuvre ce mois d'août, avec les contributions de gouverneurs, de maires et d'organisations politiques, à la recherche de solutions pour le renforcer dans chaque territoire.
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