Le Vatican exige la fin de la guerre suite à la réunion entre son chef de la diplomatie et Lavrov

Paul Richard Gallagher et Sergueï Lavrov au VaticanPhoto © mid.ru

Le cardinal Paul Richard Gallagher, chef de la diplomatie vaticane, a délivré un message direct à la Russie après avoir rencontré ce mardi à Moscou le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov.

«Parlons clairement, la guerre doit cesser. Plus le conflit dure, plus il sera difficile d'atteindre une solution adéquate», a transmis Gallagher au ministre russe des Affaires étrangères.

L'événement, qui s'est tenu à Moscou, est le premier en présentiel entre un haut fonctionnaire du Vatican et des autorités russes depuis 2021, avant le début de l'invasion de l'Ukraine. Bien que Gallagher ait eu une conversation téléphonique avec Lavrov en 2025, la réunion en face à face de ce mardi marque une escalade significative dans les efforts diplomatiques de la Santa Sede.

Lors d'une conférence de presse conjointe rapportée par EFE, Gallagher a souligné qu'il avait transmis à Lavrov l'appel du pape Léon XIV à « mettre fin aux hostilités pour commencer de véritables négociations avec le soutien de la communauté internationale ».

«La position du Saint-Siège est claire : le conflit ne peut pas être résolu par des moyens militaires. Il est essentiel de créer les conditions pour un processus politique et diplomatique», a affirmé le cardinal, qui a également appelé les deux camps à «faire preuve d'ouverture et de bonne volonté» pour que le dialogue devienne réalité le plus rapidement possible.

Gallagher a également demandé à la Russie et à l'Ukraine de respecter le droit international et humanitaire, en particulier en ce qui concerne la population civile, les infrastructures et le traitement des blessés et des prisonniers de guerre.

Lavrov, pour sa part, a qualifié la conversation de « très utile » et a remercié la « position équilibrée » du Vatican sur le conflit. Il a également annoncé la disposition de la Russie à reprendre des contacts politiques avec la Sainte-Siège au niveau des vice-ministres des Affaires étrangères.

La visite de Gallagher à la capitale russe, qui s'étend du 24 au 28 août, comprend également une réunion avec le métropolite Antoine de Volokolamsk, du Patriarcat de Moscou, et une rencontre prévue pour ce mercredi avec Yuri Ushakov, conseiller du président Poutine pour la politique étrangère.

Cette mission à Moscou intervient quelques semaines après que Gallagher se soit rendu à Kiev en juillet, où il a rencontré des dirigeants ukrainiens qui ont invité le pape Léon XIV à visiter le pays. Le pontife a condamné ces dernières semaines la mort de civils des deux côtés.

Depuis que Léon XIV a assumé le pontificat en mai 2025, le Vatican a intensifié son rôle de médiateur.

Le pape a reçu le président ukrainien Volodimir Zelenski à trois reprises —en mai, juillet et décembre 2025— et a proposé le Saint-Siège comme lieu de négociations entre les parties.

Le Vatican avait déjà servi de cadre à un contact direct entre Washington et Kiev.

Le 26 avril 2025, Donald Trump et Zelenski ont eu une brève réunion privée à la basilique Saint-Pierre, avant les funérailles du pape François, au cours de laquelle ils ont abordé les efforts pour mettre fin à la guerre. Cette rencontre a revêtu une importance particulière puisqu'elle a eu lieu après la réunion tendue qu'ils avaient eue à la Maison Blanche en février de cette année.

Il a également reçu le vice-président américain, JD Vance, et le secrétaire d'État, Marco Rubio, en mai 2025. Rubio est retourné au Vatican en mai 2026 pour coordonner des efforts diplomatiques avec le cardinal Pietro Parolin et avec Gallagher lui-même.

Parallèlement, l'administration Trump a tenu plusieurs rencontres avec Zelenski tout au long de 2025 et 2026, y compris une réunion à la Maison Blanche en juillet de cette année, sans qu'un accord de paix définitif ait été atteint. En mai 2026, il y a eu une trêve de seulement trois jours —du 9 au 11 mai—, mais le conflit a continué.

L'annonce de la Russie de reprendre des contacts politiques avec le Vatican au niveau des vice-ministres ouvre une voie diplomatique qui n'existait pas depuis avant la guerre, bien que le chemin vers une paix négociée reste incertain plus de quatre ans après le début de l'invasion.

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