
La défense de Nicolás Maduro a présenté ce mercredi devant le tribunal fédéral de Manhattan deux motions pour rejeter les accusations criminelles qu'il fait face aux États-Unis, invoquant la doctrine de l'immunité souveraine et remettant en question la compétence du tribunal sur son affaire.
Selon le rapport de l'agence EFE, l'avocat Barry Pollack a présenté une première motion visant à classer l'ensemble des accusations sur la base de l'immunité qui, selon la défense, revient à Maduro en tant que chef d'un État souverain, et une deuxième motion subsidiaire visant exclusivement à rejeter l'accusation de conspiration pour narcoterrorisme.
«Le Tribunal n'aurait pas juridiction sur M. Maduro s'il avait droit soit à l'immunité souveraine en raison de sa qualité de chef d'État, soit à l'immunité souveraine basée sur son comportement (...). Il a droit aux deux», a soutenu Pollack dans le dossier judiciaire.
Dans la deuxième motion, la défense a soutenu que l'accusation de narcotrafic « vise à accuser un citoyen étranger » pour un « comportement exclusivement étranger sans alléger adéquatement l'élément juridictionnel » et que « cela ne relève pas de l'autorité du Congrès à réguler ».
De plus, Pollack a demandé de classer l'affaire « avec préjudice », une notion légale qui empêcherait de présenter la même accusation à l'avenir.
Maduro fait face à des accusations de complot en vue de commettre des actes de narcoterrorisme, d'importation de cocaïne et de possession d'armes automatiques, tous passibles d'une peine de réclusion à perpétuité.
Il a été capturé à Caracas le 3 janvier 2026 lors de l'opération militaire américaine appelée « Résolution Absolue » et il est actuellement détenu au Centre de Détention Métropolitain de Brooklyn avec son épouse Cilia Flores.
Depuis sa première comparution devant le juge Alvin Hellerstein, Maduro s'est déclaré non coupable et s'est défini comme un « prisonnier de guerre ».
La stratégie de sa défense pour éviter le procès fait toutefois face à des obstacles juridiques de poids : Washington a cessé de reconnaître Maduro comme président légitime du Venezuela en 2019, ce qui affaiblit considérablement sa demande d'immunité.
Le précédent le plus pertinent va à son encontre. En 1990, la Cour d'appel du onzième circuit a rejeté l'argument d'immunité de l'ancien dictateur panaméen Manuel Noriega —capturé par des troupes américaines en 1989— avec un raisonnement identique : Washington ne l'a jamais reconnu comme dirigeant légitime.
Alors que sa défense mène la bataille judiciaire, Maduro a maintenu des communications avec l'extérieur depuis Brooklyn.
À la fin du mois dernier, il a publié des photographies prises en juin depuis l'intérieur de la prison, où il apparaît en tenue de sport grise et faisant le signe de la victoire, accompagnées du message « Je veux que vous sachiez que nous restons fermes ».
La procureur des États-Unis a jusqu'au 2 octobre pour répondre aux motions de rejet. Le juge Hellerstein tiendra une audience sur la tentative de dépôt le 17 novembre, et si les motions échouent, le procès oral sera fixé au 1er juin 2027.
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