
Le gouvernement vénézuélien a intensifié ce vendredi sa pression sur Washington en demandant la levée totale des sanctions qui pèsent encore sur le pays, à peine quelques jours après avoir conclu un accord pétrolier historique avec des entreprises américaines et italiennes.
La ministre des Hydrocarbures, Paula Henao, a été chargée de transmettre cette position lors d'une interview avec la chaîne d'État Venezolana de Televisión, selon informe l'agence EFE.
«Nous avons été dans une phase d'ouverture de l'investissement, certaines mesures sont assouplies mais ce n'est pas suffisant», a déclaré Henao, qui a assuré que le gouvernement de la présidente par intérim Delcy Rodríguez continuera «de demander la levée totale des sanctions» dans le but de consolider le Venezuela en tant que «puissance énergétique».
Les déclarations interviennent moins d'une semaine après que Caracas et Washington aient signé ce que Trump a qualifié de plus grand accord pétrolier de l'histoire, qui prévoit le développement de 17 champs pour un total de 65 000 millions de barils, soit un cinquième des réserves vénézuéliennes — les plus importantes au monde, avec plus de 303 000 millions de barils.
Le mercredi, le Venezuela a formalisé à Caracas des accords avec Chevron et l'italien Eni en présence du secrétaire à l'énergie américain, Chris Wright. Les conventions incluent l'adhésion des blocs Carabobo 1 et Carabobo 2 à Petroindependencia —entreprise mixte entre l'état PDVSA et Chevron— et le développement du bloc Junín 5 par Eni. Henao a qualifié cette journée de « jalon historique ».
En matière de production, la ministre a prévu que l'extraction des entreprises avec la participation de Chevron passera des actuels 270 000 barils par jour à plus de 300 000 avant la fin de l'année, avec un objectif ultérieur dépassant les 700 000 barils par jour.
«Nous avons déjà commencé à voir la mobilisation des premières équipes de foreuses vers ces zones pour ce développement», a-t-il annoncé.
Henao a argué que le Venezuela «joue un rôle fondamental» dans l'équilibre énergétique mondial et qu'il est «impossible» de l'exclure de cette équation.
«Nous sommes justement la garantie de cet équilibre énergétique et un fournisseur qui est là, à portée de main, un fournisseur fiable qui met définitivement ces ressources à la disposition du monde pour pouvoir (...) répondre à toute la demande», a-t-il affirmé.
Cet rapprochement entre Caracas et Washington est une conséquence directe de la capture de Nicolás Maduro par des forces américaines le 3 janvier 2026, qui a radicalement transformé la relation bilatérale.
Depuis lors, les États-Unis ont commencé à lever les sanctions par étapes : d'abord par le biais d'une licence générale de l'OFAC en février qui a permis à Chevron, Repsol, BP, Eni et Shell d'opérer ; puis avec des ajustements supplémentaires en mars ; et enfin avec une autorisation spécifique pour Chevron en juillet.
Cependant, Washington n'a pas entièrement levé le régime de sanctions. Le secrétaire d'État Marco Rubio a décrit le processus comme un plan de transition en trois phases —stabilisation, relèvement économique et transition politique— en avertissant que organiser des élections immédiatement en utilisant la machine institutionnelle héritée du chavisme ne garantirait pas un processus démocratique.
L'accord a également suscité des réserves au sein de l'opposition vénézuélienne. La leader María Corina Machado a remis en question la transparence du pacte et a averti que les « ennemis » des États-Unis se trouvent au sein du gouvernement de Miraflores, sans toutefois rejeter catégoriquement l'alliance stratégique avec Washington, selon rapporté par EFE.
Rubio a clairement affirmé que l'horizon politique n'est pas clos : « Au final, il viendra un moment où le Venezuela devra être gouverné par un gouvernement élu démocratiquement ».
Vidéos associées :
Archivé dans :