Un économiste avertit que la nouvelle loi cubaine invite la diaspora à investir, mais la laisse sans protection en cas de problème

Bagages pour CubaPhoto © CiberCuba

L'économiste cubain Pedro Monreal a publié ce vendredi une analyse dans laquelle il met en garde que la réforme la plus récente de la loi sur les investissements étrangers de Cuba assouplit certains aspects opérationnels, mais laisse sans réponse la question qui importe le plus à tout investisseur : si l'investissement échoue, pourra-t-on récupérer son argent ?

L'analyse, intitulée « Loi sur les investissements étrangers : la diaspora cubaine, invitée à investir et non protégée en cas de litige », se concentre sur le Décret-Loi 128/2026, signé par le Conseil d'État le 28 juillet 2026 et publié dans le Journal officiel Ordinaire No. 73 à peine un jour auparavant, le 3 septembre.

Monreal clarifie dès le début que la norme ne crée pas une nouvelle loi sur les investissements étrangers, mais modifie des articles spécifiques de la Loi 118 de 2014, et que ses observations proviennent de la perspective d'un économiste, et non d'un juriste.

Parmi les changements concrets introduits par le décret figurent l'élimination de l'obligation de recruter des travailleurs par le biais d'entités employeuses publiques —ce qui permet le recrutement direct—, la substitution de l'autorisation préalable de la Banque Centrale de Cuba pour ouvrir des comptes dans des banques étrangères par une simple notification, et la faculté accordée aux organes de direction des entreprises mixtes et à capitaux entièrement étrangers de décider de l'utilisation de leurs bénéfices.

Cependant, l'économiste souligne que aucune de ces modifications ne touche au Chapitre XVII de la Loi 118, qui régule la résolution des conflits entre investisseurs et l'État cubain.

«La norme révisée assouplit les services bancaires, les utilités et les contrats, mais ne redessine pas les garanties procédurales de l'investisseur. En effet, elle ne modifie pas le Chapitre XVII 'Du régime de la résolution des conflits'», a écrit Monreal.

Ce chapitre stipule que les conflits sont résolus selon les accords prévus dans les documents constitutifs, avec la possibilité de recourir à la Chambre économique du Tribunal Provincial Populaire ou à des instances arbitrales conformément à la législation cubaine, sans accès garanti à un arbitrage international indépendant.

«En termes pratiques, le Chapitre XVII de la Loi 118/2024 révisée indique que, si un conflit surgit, il sera difficile de le soumettre à un arbitre neutre et d'exécuter une décision favorable», a averti l'économiste.

L'analyse se déroule dans un contexte de vagues de réformes légales que le régime cubain a présentées comme une ouverture historique pour attirer des capitaux de la diaspora, dans le cadre d'une grave crise économique.

En avril 2026, le Conseil d'État a approuvé le Décret-Loi 117/2026, qui a créé la catégorie migratoire « Investisseurs et d'Affaires » pour les Cubains résidant à l'étranger, publiée au Journal Officiel le 5 mai. Ce dispositif permet aux émigrés d'investir dans des PME, d'ouvrir des comptes en devises, de participer à des fonds d'investissement et de développer des affaires agricoles avec des terres en usufruit.

En juillet, le Décret 153/2026 a modifié le règlement de la Loi 118 pour faciliter l'évaluation et l'approbation des investissements. Malgré cette série d'ouvertures, Monreal a soutenu de manière constante tout au long de 2026 que sans garanties juridiques réelles —arbitrage indépendant, fonds de garantie contre les risques politiques, protection contre l'expropriation et engagements de non-rétroactivité réglementaire— de nombreux émigrés préféreront continuer à envoyer des remises plutôt que de risquer leur capital sur l'île.

Le sous-titre qu'il a choisi pour son analyse résume sa position : « Flexibilisation de l'investissement étranger sans réduire le risque de défaut de paiement ».

«La récente révision de la loi cubaine sur l'investissement étranger ne répond pas avec suffisamment de clarté à une question décisive pour tout comité d'investissement : 'si cela tourne mal, pourrons-nous récupérer notre mise ?'», a conclu Monreal, qui a laissé la porte ouverte à ce que des juristes complètent l'analyse depuis leur domaine de spécialité.

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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