«La confiance que je ne vais pas me faire voler a quitté le pays» : Ulises Toirac se méfie des normes concernant les comptes bancaires en devises

Ulises ToiracPhoto © Cedidas

L'humoriste cubain Ulises Toirac a réagi ce vendredi avec son ton habituel de moquerie à l'autorisation du gouvernement d'ouvrir des comptes bancaires en devises, en publiant sur Facebook une image d'un billet de 100 dollars modifié avec son propre visage à la place de celui de Benjamin Franklin, accompagné de la légende : « mon billet pour la banque en fulas ».

Dans le texte de la publication, Toirac n’a pas tardé à enfoncer le clou : « On peut à nouveau ouvrir un compte bancaire en devises. La fois précédente, cela ne s’est pas très bien passé, c’est le moins qu’on puisse dire... Et je me rappelle que : la confiance de ne pas se faire dépouiller a quitté le pays, ou pour le dire autrement : C’est dans la confiance qu'est le danger ».

Dans la section des commentaires, l'acteur a été encore plus explicite sur ce qu'il considère comme l'alternative la plus sûre à la banque : « Sous le lit, il y a le 'majá'. Un vieux coffre qui ne te prend pas un centime. À moins que ta femme ne le découvre ».

Captura de Facebook / Ulises Toirac

Avec cette image du matelas comme « banque » qui n'est pas soumise aux décisions de l'État, Toirac fait allusion à une pratique ancienne répandue parmi ceux qui se méfient de déposer leurs dollars dans des institutions financières.

Sa réaction à la nouvelle norme est un avertissement enveloppé de rires : après la débâcle que le processus de dollarisation imposé par le régime a représenté pour l'économie, la confiance des Cubains dans la banque pour garder leurs dollars ne se rétablit pas avec une simple résolution.

Tout cela découle d'un contexte concret et douloureux : en juin 2021, la Banque centrale de Cuba a suspendu l'acceptation des dépôts en espèces de dollars, une mesure présentée comme temporaire et qui n'a pas été levée avant avril 2023, laissant des milliers de Cubains sans accès à leurs économies pendant presque deux ans.

Dans les prochains jours entrera en vigueur la Résolution 102/2026 du Banco Central de Cuba, signée le 8 septembre par la présidente du BCC, Juana Lilia Delgado Portal, et publiée dans le Journal Officiel No. 76 Ordinaire.

La résolution régule l'ouverture et la gestion de comptes bancaires en devises tant pour les personnes physiques que morales, cubaines et étrangères, qui exercent des activités économiques dans le pays. Les Mipymes, coopératives, travailleurs indépendants, artistes et producteurs agricoles, sans l'autorisation de la Banque centrale de Cuba, pourront recevoir des paiements en espèces en monnaie étrangère et les déposer directement sans conversion obligatoire en pesos cubains.

Complementairement, la Résolution 103/2026 du Ministère de l'Économie et de la Planification stipule que les entreprises privées conserveront 80 % de leurs revenus en devises, tandis que les 20 % restants seront crédités en monnaie nationale.

Ce n'est pas la première fois que Toirac utilise l'humour pour souligner les contradictions de la politique économique du régime. En août dernier, il a répondu à Díaz-Canel par une phrase qui est devenue virale : « Les mesures économiques ne sont ni capitalistes ni socialistes : elles sont intelligentes ou stupides ».

Y en décembre 2025 il a ironiquement proposé le « pesolar » pour satiriser le chaos monétaire de l'île.

Vidéos associées :

Archivé dans :

Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.